France

Entendu par la DGSI sur ses révélations, Mathias Destal dénonce une «intimidation» (VIDEO)

Mathias Destal, journaliste et co-fondateur de Disclose, revient sur sa convocation par la DGSI, suite à la publication d'une enquête sur les armes françaises utilisées au Yémen.

«Cette convocation nous surprend beaucoup parce qu'elle se fait dans un cadre procédural qui n'est pas celui habituel pour des journalistes», a déclaré à RT France le journaliste et co-fondateur de Disclose Mathias Destal le 15 mai. 

La veille, lui et son collègue Geoffrey Livolsi ont en effet été interrogés le 14 mai par la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) «à titre personnel et sous le régime de l’audition libre», suite à la publication d'une enquête intitulée «Made in France» dans laquelle on trouve des des documents classés «confidentiel défense» sur les armes françaises utilisées par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis au Yémen.

Fait notable : selon les deux journalistes, la «section terrorisme et atteinte à la sûreté nationale du parquet de Paris» a été saisie de cette enquête préliminaire, ce qui les empêche de bénéficier des garanties du droit de la presse de 1881.

Mathias Destal a ainsi dénoncé sur RT France «le cadre même de l'audition» comme une «intimidation», renforcée selon lui par des questions posées à Geoffrey Livolsi sur des «tweets et des éléments de sa page Facebook» n'ayant pas de lien avec le dossier les concernant.

«Ces éléments là aussi nous laissent à penser que c'est une façon de nous dire : "Ecoutez, le cadre n'est pas celui habituel dans lequel vous avez l'habitude d'être entendus quand il y a des affaires de diffamation, donc de délits de presse classiques."»

Notre cas n'est pas isolé, des intimidations il y en a eu lors des mouvements sociaux, beaucoup

«Notre cas n'est pas isolé, des intimidations il y en a eu lors des mouvements sociaux, beaucoup», a-t-il par ailleurs expliqué. Le jeune journaliste a pointé du doigt sur RT France une «crispation du pouvoir exécutif», conduisant selon lui à des atteintes «inquiétantes pour la presse». 

Mais pour le journaliste, qui se dit fier d'avoir pu apporter à l'opinion publique des éléments sur la guerre du Yémen, pas question de regretter cette publication : «S'il fallait le refaire on le referait et on continuera d'ailleurs à faire notre métier comme on l'entend dans le cadre, bien sûr, qui est celui de journalistes sérieux et responsables.» 

Mathias Destal et Geoffrey Livolsi risquent, selon leurs dires, jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 € d'amende. 

Lire aussi : Armes françaises au Yémen : ce qui s'est dit lors de l'audition des deux journalistes par la DGSI