France

Manifestation devant le siège de l'AP-HP à Paris (IMAGES)

Les personnels hospitaliers de l'AP-HP s'étaient donné rendez-vous devant le siège de leur direction le 19 avril au matin. Une centaine de manifestants sont actuellement présents sur place.

Ce 19 avril au matin, une centaine de professionnels des services d’urgence de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) se sont réunis devant le siège de l’AP-HP dans la capitale pour alerter sur leurs conditions de travail. Les personnels de l'AP-HP étaient appelés ce 19 avril à une grève générale de 24h, alors que depuis le 15 avril, une dizaine d'établissements ont rejoint le mouvement entamé mi-mars aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à la suite d'une série d'agressions. L’appel au rassemblement avait été lancé le 18 avril par plusieurs syndicats parmi lesquels l’Union syndicale Solidaires (SUD), la CGT, la CFE-CGC ou encore l’UNSA.

Déléguée Sud-Santé Solidaires à l'hôpital Pompidou, Sabrina Roinsard a expliqué à RT France, le 18 avril, les raisons de leur mobilisation : «Au niveau syndical, nous avons beaucoup alerté, mais ça ne va pas du tout dans le bon sens. On nous parle de nouveaux grands ensembles hospitaliers qui impliquent de nouvelles fermetures d'hôpitaux. En gériatrie, on perd des lits alors que la population vieillit. Je me demande à quoi ils pensent parfois.»

«Il y a un gros problème dans ce pays... Trop d'inégalités, pas assez de justice sociale, on ne peut pas tout accepter. Nous sommes pour un système de santé unique qui traite tout le monde de la même manière, sans médecine à deux vitesses et nous avons vraiment peur pour nos hôpitaux à l'heure actuelle. Tous les jours, les personnels de l'AP-HP accueillent, écoutent, soignent. Nous donnons beaucoup, mais les salaires ne suivent pas, les conditions de travail non plus. Alors les gens partent. Il n'y a plus rien d'attractif à l'AP-HP ! Certains collègues disent parfois qu'ils vont se foutre en l'air. Il y beaucoup de burn-outs aussi... Les directions disent qu'ils demandent des moyens, qu'ils nous entendent, mais parfois je me demande s'ils font vraiment le nécessaire. Il y a un grand ras-le-bol, nous ne nous sentons pas écoutés et c'est épuisant», a-t-elle également confié.

«On veut une reconnaissance de la spécificité du travail des urgences», a déclaré à l'AFP Bruno, infirmier à Saint-Antoine. «L'AP-HP nous promet 61 emplois, on est loin du compte», précise-t-il. Les syndicats réclament 700 postes de plus et une prime de 300 euros pour les services d'urgences. Les soignants dénoncent depuis des mois leurs conditions de travail. «On fait un week-end sur deux, et souvent un week-end en plus lorsque les collègues sont en vacances», explique Delphine, salariée de l’hôpital Necker, à l’AFP. Une délégation devrait être reçue dans la journée, selon la direction de l'AP-HP.

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