France

Après les Gilets jaunes, les Gilets roses : les nounous sont en colère

Alors que leurs salaires peuvent n'être que de 1 000 euros bruts pour 45 heures de travail, les assistants maternels se rebiffent contre une réforme de leur allocation chômage, prévue à la baisse. Leur premier acte a débuté le 2 février.

Gilets jaunes,stylos rouges, et maintenant Gilets roses... La contestation sociale ne cesse de s'amplifier. Cette fois, ce sont les assistants maternels qui se mobilisent pour protester contre une réforme de leur allocation chômage. Le 2 février, 1 100 nounous sont descendues dans la rue dans toute la France, gilets roses sur le dos. A Paris, elles se sont regroupées devant le ministère de la Santé.

Anne Le Roy, référent des assistantes maternelles en colère pour le département du Nord et du pas de Calais, était l'une des 50 assistantes maternelles à défiler à Lille. Interrogée par RT France, elle conteste la nouvelle réforme prévue par le gouvernement, visant à introduire le cumul emploi chômage des professions d'aide à la personne. L'indemnisation d'aide au retour à l'emploi (ARE), que les assistants maternels touchent en cas d'activité réduite, chuterait, avec un manque à gagner pouvant atteindre 300 euros par mois.

«Actuellement nous avons jusqu’à quatre contrats avec des parents employeurs. Lorsqu’on en perd un, à cause d’un déménagement, ou parce que l'enfant change de mode de garde, on touche entre 57 et 75 % d’indemnisation, mais le gouvernement veut réduire ce taux. Ce n'est pas comme cela que le gouvernement va nous inciter à trouver du travail», se désole-t-elle, annonçant un salaire de 600 euros net. «Et comment retrouver en cours d'année un enfant à garder ? Je suis en pleine campagne je gagne 2,90 de l’heure», ajoute-t-elle, soulignant la difficulté pour les 328 000 assistantes maternelles de France (chiffre de 2016) de trouver des contrats dans certaines régions.

Si leur rémunération est complexe, variant selon le nombre d’enfants accueillis, les assistants maternels touchent entre 400 et 2 000 euros par mois, avec un volume horaire très important. «On est plutôt de l'ordre de 1 000 euros net par mois pour 45 heures de travail», explique Anne le Roy.  

Ils nous baissent l'allocation chômage alors qu'ils nous forcent à y être

Les difficultés des assistantes maternelles sont donc nombreuses, et confinent parfois à l'absurde. Pour Andrea Herbuvaux, interviewée par RT France, qui reçoit des enfants à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), la situation est devenue absurde. Elle a l'agrément pour garder quatre enfants mais avec certaines restrictions d'âge, qui ne s’appliquent pas dans toutes les régions. Elle se retrouve au chômage forcé puisque les services de l'enfance lui ont interdit de garder un enfant de 21 mois au lieu de 24 mois imposés dans son agrément. «Ils nous baissent l'allocation chômage alors qu'ils nous forcent à y être», se révolte-t-elle. 

«C'est un travail précaire vu que vous pouvez perdre un contrat à tout moment. Je vis seule et j'ai investi pour que mon appartement soit en totalité adapté aux enfants. J'aime mon travail et n'ai pas envie d'arrêter mais je me pose des questions avec cette réforme !», se plaint-elle. 

Les Gilets roses, qui vont contacter les députés dans chaque circonscription pour les sensibiliser à leur cause, prévoient un grand mouvement national le 9 mars. 

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