Coup de communication à quelques mois des prochaines élections européennes ? Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne se rend à Marrakech où doit être adopté le 10 décembre le Pacte mondial de l'ONU «pour des migrations sûres, ordonnées et régulières». Avant de d'envoler pour le Maroc, il a tenu à s'adresser à Marine Le Pen, qui avait vivement critiqué ce texte.
Sur les images diffusées sur Twitter, Jean-Baptiste Lemoyne reproche d'abord à la présidente du Rassemblement national de faire le jeu du «complot mondialiste». «Vous propagez des rumeurs infondées, des fake news [...] vous êtes le troll en chef», charge-t-il.
«Le principe de souveraineté nationale est réaffirmé par le pacte», ajoute le marcheur à l'attention de Marine Le Pen, qui avait dit craindre une perte de souveraineté de la France dans sa politique étrangère. Le secrétaire d'Etat souligne ensuite que l'accord est «non contraignant [et] respecte la souveraineté des Etats».
«Pourquoi dites-vous l'inverse ?», interroge-t-il encore, ajoutant : «Pour semer le trouble ? Pour semer la confusion dans les esprits ?»
«Non, le pacte n'obligera pas la France à accueillir plus de migrants», insiste-t-il.
Un pacte «immigrationniste en catimini», selon le RN
La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen s'est à plusieurs reprises, pour sa part, offusquée que la France signe un pacte «immigrationniste», «en catimini».
«On ne pourra plus s'opposer, ni mettre en place la moindre politique qui vise à limiter l'immigration», a-t-elle aussi dénoncé.
Sept pays de l'Union européenne (Hongrie, Autriche, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Lettonie) ont annoncé qu'ils n'enverraient pas de représentants au Maroc valider le document qu'ils avaient pourtant adopté en juillet. Les Etats-Unis boycotteront également le sommet.