France

Baisse du pouvoir d'achat, faible revalorisation des pensions : les retraités en colère manifestent

A l'appel de neuf organisations syndicales, les retraités se rassemblent ce 3 octobre à Paris pour manifester contre la faible revalorisation des pensions par le gouvernement et la baisse de leur pouvoir d'achat.

Les retraités ne décolèrent pas. Ce 3 octobre, alors qu'Edouard Philippe va présider une réunion gouvernementale consacrée à la réforme des retraites, les premiers concernés manifesteront à 14h place de la République à Paris, à l'appel de neuf organisations dont la CGT, FO, la FSU, Solidaires, la CFTC et la CFE-CGC pour protester contre la faible revalorisation de leurs pensions. Ils se rendront ensuite à l'Assemblée nationale, où ils ont demandé une entrevue avec le président du groupe La République en marche (LREM) Gilles Le Gendre à 15h, afin de lui remettre des pétitions. «Plus d'un million de retraités ont un revenu inférieur à 1 000 euros par mois», peut-on notamment lire dans leur texte d'appel.

Après l'augmentation de la CSG, le Premier ministre a annoncé la désindexation des pensions de retraite par rapport à l'inflation, impliquant une revalorisation de 0,3%, pour 2019 et pour 2020, alors que l'inflation vient de passer les 2% en rythme annuel. «Depuis 20 ans, les retraités perdent en moyenne 1% par an par rapport au salaire moyen à cause de la revalorisation des pensions qui n'est plus indexée sur le salaire moyen mais sur l'indice Insee de l'inflation», détaille un tract signé par plusieurs organisations syndicales.

Comme le rappelle Le Figaro, devant le mécontentement des retraités, le gouvernement a adopté trois mesures pour tenter de limiter les dégâts : la revalorisation du minimum vieillesse (+30 euros en avril 2018, +35 euros en janvier 2019, +35 euros en janvier 2020), l'exonération de la taxe d'habitation pour 80% des ménages à l'horizon 2020 et un geste annoncé pour 300 000 retraités sur la CSG. Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), ces mesures ne pourront cependant pas compenser les effets négatifs de la hausse de la CSG et du quasi-gel des pensions. Ainsi, la part des ménages perdants va augmenter d'année en année, passant de 62% en 2018 à 73% en 2019, puis 79% en 2020. Ceux-ci perdront 320 euros en 2018, 470 euros en 2019 et 700 euros en 2020.

Des perspectives angoissantes pour les retraités qui reprennent leur mobilisation ce 3 octobre dans la capitale. Leurs revendications : annulation de la hausse de la CSG pour tous, fin du gel des pensions et revalorisation significative indexée sur l'inflation, prenant en compte le coût de la vie.

Une autre mobilisation est d'ores et déjà prévue le 18 octobre, au moment où le Parlement va entamer les débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, qui fait redouter aux retraités «la poursuite d'une politique de coup de rabot sur les dépenses sociales».

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