France

A un mois de la rentrée, des milliers de bacheliers n'ont toujours pas de place en fac

Selon les chiffres du secrétariat d'Etat à la Recherche et à l'Enseignement supérieur, entre 10 000 et 15 000 jeunes bacheliers n'ont toujours pas reçu d'affectation pour la rentrée. Le ministre promet de résoudre le problème d'ici septembre.

Ils ont le Bac, mais toujours pas de fac ! Ces jeunes, qui n'ont pas été acceptés dans une des formations de leurs choix via le portail Adminission Post-Bac (APB), seraient encore plus nombreux que l'année passée. Si au ministère on s'inquiète de ce phénomène nouveau, à l'Unef, on enrage.

Les naufragés du Bac 2015 se sont regroupés sous le hashtag #SOSincription. Et à un mois de la rentrée universitaire, le stress commence à monter. Le syndicat étudiant, qui les accompagne dans leurs démarches, croule sous les appels et les mails.

Le secrétaire d'Etat en charge de la Recherche et de l'Enseignement supérieur explique ce phénomène par un « choc démographique considérable », en clair un accroissement de la population étudiante. «Chaque année, les facultés accueillent entre 30 000 et 50 000 étudiants supplémentaires » analyse Thierry Mandon. Des explications qui ne convainquent pas l'Unef qui évoque plutôt une baisse des dotations des universités, qui faute de moyens ferment des places, comme la faculté de Besançon qui accueillera pour cette rentrée 10% de bacheliers en moins en Licence qu'en 2014 . Le syndicat dénonce par ailleurs un tri insidieux des meilleurs élèves, qui laisse sur le carreau des milliers d'autres.

«Sur la base des informations mises en ligne par les bacheliers sur APB, les universités choisissent les meilleurs élèves et délaissent les autres», s'agace ainsi William Martinet, le président de l’Unef. Selon les informations des Echos, l'Unef aurait déjà repéré plus de 54 méthodes illégales de sélection.

De son côté, Thierry Mandon, promet que tout sera mis en oeuvre pour que chacun des bacheliers-naufragés trouve une affectation d'ici la rentrée. Le secrétaire d'Etat en charge de la Recherche et de l'Enseignement plaide également pour une augmentation des budgets universitaires à la rentrée 2016 pour éteindre ce phénomène qui, reconnaît-il, «tend à se développer (...) depuis deux ou trois ans».