Jack Lang et Laurent Garnier rejoignent la résistance sonore contre les restrictions dans Libération

Jack Lang et Laurent Garnier rejoignent la résistance sonore contre les restrictions dans Libération© FRANCOIS GUILLOT Source: AFP
Jack Lang à la Techno Parade de Paris en 2011.

Indignés par un décret limitant le niveau sonore des spectacles, de grandes figures des nuits parisiennes se sont fendues d'une tribune dans Libération dénonçant une «atteinte à la liberté artistique» néfaste, mettant en danger l'esprit festif.

Pas moins d'une centaine de personnalités, représentants de festivals, d'organisations et de salles de fêtes en tout genre ont signé une tribune dans le journal Libération le 24 octobre, dénonçant des restrictions sonores qui entreront en vigueur d'ici un an dans le monde du spectacle. 

Dans la ligne de mire des co-signataires parmi lesquels on compte l'ancien ministre de la Culture Jack Lang et les pionniers de la musique électronique comme Jean-Michel Jarre et Laurent Garnier, un décret publié le 9 octobre au Journal officiel, durcissant la législation en place depuis 1998 visant à «protéger l'audition du public». Le niveau sonore des discothèques, concerts et spectacles sonorisés en tout genre ne devra plus dépasser les 102 décibels de moyenne calculés sur 15 minutes, contre 105 auparavant. Le niveau mesuré devra en outre être visible en permanence par le public et enregistré pour tout événement musical regroupant plus de 300 personnes. 

Au volume exigé par ce décret, la sensation physique n’atteint plus son objectif

Des mesures que les signataires de la tribune baptisée Faites du bruit pour sauver la musique considèrent comme «une atteinte à la liberté du commerce et de l’industrie, au respect de la liberté artistique et une forme de violation du droit moral de leurs auteurs». Ils jugent en outre que les quelques décibels en moins de la discorde sont nécessaires et touchent particulièrement «les sons de basses fréquences à l’origine de la sensation de vibration perçue physiquement par le public et inscrites dans l’ADN des œuvres musicales». 

«Au volume exigé par ce décret, la sensation physique n’atteint plus son objectif. Si nos corps, nos capacités de perception, nos mémoires ont du mal à y renoncer c’est bien que cela fait partie du bonheur d’entendre ces œuvres dans leur plénitude», déplore par ailleurs le texte qui redoute une baisse de fréquentation des spectacles. 

Largement relayée par les réseaux sociaux et même par une partie de la presse étrangère, le texte a suscité une vague de protestation contre une mesure jugée contre-productive, entre autre notamment par rapport à la place qu'occupe désormais la France dans le monde de la nuit.

D'autres au contraire, dont les organisations qui militent contre les nuisances sonores considèrent la mesure comme bienvenue, tant la vulnérabilité du public face au son dans les spectacles et discothèques est régulièrement pointée du doigt. 

D'autres encore ont argué des nuisances faites aux voisinage pour arguer du bien fondé de cette mesure. 

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