France

Manifestation : plus de 2 000 CRS en arrêt maladie, les gendarmes mobiles appelés en renfort

L'absentéisme chez les CRS ne faiblit pas. Les autorités sont contraintes de faire appel à des gendarmes pour assurer les effectifs lors des manifestations. Même la sécurité pour la visite d'Emmanuel Macron à Marseille ce 21 septembre pose problème.

Les manifestations contre la réforme du Code du travail se poursuivent, les cordons de CRS sont toujours garnis et le nombre considérable de défections ne se voit pas encore sur le terrain. Selon le syndicat policier Alliance, joint par RT France, ils sont plus de 2 000 à avoir posé un arrêt maladie ou à consulter chez le médecin ce 21 septembre.

Des gendarmes, militaires passés sous l'autorité du ministère de l'Intérieur durant le mandat de Nicolas Sarkozy, ont été sollicités afin de maintenir les effectifs et remplacer les policiers qui se sont fait porter pâle.

Dénonçant une situation de sous-effectif et des périodes de repos trop courtes entre des vacations, les CRS sont fortement sollicités, et ce depuis les quasi-émeutes des manifestations contre la loi Travail en 2016. En cause notamment, le non-respect d'une directive européenne qui prévoit 11 heures de repos entre deux vacations.

Le 12 septembre 2017 déjà, lors de la première journée de mobilisation contre la réforme par ordonnances du Code du travail, quelque 1 000 CRS, selon le syndicat Alliance, avaient posé un congé maladie ou étaient dans la salle d'attente d'un médecin en attente d'une consultation. «Certaines unités sont au bord de la fracture», confiait à RT France le 13 septembre dernier Grégory Joron, délégué national du syndicat Force ouvrière (FO). «Le premier point de l'urgence absolue reste les effectifs», déplorait-il encore, mentionnant également le manque de matériel et des véhicules en fin de vie.

Mais le mal-être des forces de l'ordre se fait sentir jusqu'au sommet de l'Etat. Alors qu'Emmanuel Macron revient de l'assemblée générale des Nations unies pour une visite du futur site olympique de Marseille ce 21 septembre, le ministère de l'Intérieur peine à fournir les effectifs indispensables afin de sécuriser le déplacement présidentiel. «Pour la visite de monsieur Macron à Marseille, 81% des CRS étaient indisponibles», rapporte Johann Cavallero, délégué national CRS d'Alliance. «Ça montre que c'est du sérieux», ajoute-t-il, précisant que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait voulu les recevoir dès le matin du 21 septembre. «Il nous a appelé à 11h pour midi, mais on a refusé : on ne règle pas ces problèmes en deux minutes», a-t-il expliqué à RT France. Et d'ajouter : «Notre action montre qu'il fallait que [Gérard Collomb] nous écoute dès le départ.»

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