Blandine Brocard, la députée LREM perdue de vue

Blandine Brocard, la députée LREM perdue de vue
capture d'écran Facebook

Victorieuse aux élections législatives de la cinquième circonscription du Rhône en juin 2017, la députée Blandine Brocard se montre si discrète qu’on ne lui connaît ni collaborateurs, ni activité de terrain, au grand dam de ses administrés.

Le raz-de-marée de La République en marche (LREM) aux élections législatives de juin 2017 a bien profité à la juriste Blandine Brocard. Cette ancienne adjointe aux sports et aux loisirs de la commune de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (3 100 habitants), dans le Rhône, a largement supplanté son rival Les Républicains (LR) Philippe Cochet, avec un score sans appel de 58,19% contre 41,81%. Mais après l’euphorie de la victoire, ses administrés ont déchanté. Absente de sa circonscription et de l’hémicycle, Blandine Brocard est devenue quasiment invisible.

Une candidature pleine de promesses

Née en 1981, mariée et mère de trois enfants, cette adjointe fait également partie de l'Association des maires ruraux de France. La candidature de Blandine Brocard a été poussée par Renaud George, le maire de Saint-Germain-au-Mont-d’Or, allié de Gérard Collomb. Sa campagne, fournie et dynamique si l’on en juge par son activité sur Twitter et Facebook, aura eu raison de son adversaire LR, à la surprise générale. Blandine Brocard n'a pas manqué de faire plusieurs promesses et grandes déclarations dans une série de vidéos. «Je sais ce que ça veut dire de s’engager pour les autres, œuvrer pour l’intérêt général, faire qu’on vive bien, ensemble», affirmait la candidate dans l'une d'elles.

 

Elle a donné à voir ses valeurs à grand renfort de hashtags sur Twitter : #CulturePourTous #Parité #Egalité #Fraternité #VivreEnsemble #Dialogue #Solidarité. Un programme que ses électeurs appelaient de leurs vœux.

Une députée introuvable

Lors de sa campagne, Blandine Brocard affirmait dans Le Progrès : «Je ne ferai pas l'erreur d'être déconnectée des réalités.»

Or son fil Twitter s’est assoupi le 15 juin, ainsi que son compte Facebook, en veille depuis le soir de la victoire aux législatives le 18 juin. Pas de permanence ni de bureau, pas de réponse aux emails... Un article du site d'actualités locales Lyonmag a compilé les plaintes de ses électeurs. «Personne n’a vu Blandine depuis trois mois ; elle ne répond pas aux mails, elle n’a ni collaborateur ni permanence sur le terrain», note un marcheur interviewé par le média régional. Elle a toutefois été vue à une réunion dans la ville de Caluire, le 10 septembre. 

Cette défection et ce silence seraient-ils dus à son assiduité au Palais Bourbon ? Non plus, car le site nosdéputés.fr ne fait mention pour elle que de trois semaines d’activité. Elle n’a siégé que quatre fois au Palais Bourbon.

Le 18 septembre, un internaute l'interpelle alors sur sa page Facebook : «Voilà trois mois que vous êtes élue et nous n'avons aucune nouvelle de vous : pas de présence, pas d'expression écrite ou verbale et il semblerait peu de présence à l'Assemblée nationale. Que devenez-vous et pourquoi ce silence ?»

Sa réponse tombe, l'élue cherche à apaiser les angoisses de son électeur. Contrairement aux apparences, elle serait en réalité en plein labeur : «Bonjour, rassurez-vous, beaucoup de choses sont en préparation, et c'est sur ces choses là que nous travaillons avec mon équipe, quand l'agenda parlementaire nous en laisse le temps.»

Dans la suite de sa réponse, elle réitère son intention de gouverner autrement : «Certains voudraient que nous fassions de la politique à leur manière, celle d'avant, ce n'est pas comme cela que je vois les choses, ce n'est pas pour cela que j'ai été élue.» De nouvelles pratiques donc, qui semblent caractérisées par la présence virtuelle, une prise de recul vis-à-vis de l'Assemblée et une équipe qui se cache au mieux des administrés.

Blandine Brocard de conclure : «Je ne fais pas d'effets de manche, ce n'est pas mon "style", mais quand il faudra mordre, je mordrai, soyez-en certain.»

Le mordant politique, un réflexe plein de vigueur déjà adopté par une autre députée LREM, Laetitia Avia, qui avait planté ses dents dans l'épaule d'un chauffeur Uber en juillet 2017. 

Une députée brocardée sur les réseaux sociaux

Dans l'attente d'un réveil ou d'un sursaut, Les réseaux sociaux brocardent abondamment la marcheuse. Elle est «Wanted» sur Facebook.

Sur Twitter, certains s’inquiètent de sa santé.

D'autres l’ont inscrite au club des «fainéants», un clin d'œil à la phrase polémique d'Emmanuel Macron.

 D’autres proposent des jeux visuels pour la retrouver.

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