Le général Trinquand, conseiller de Macron, embarrassé par les affaires d'escroquerie de sa femme ?

Le général Trinquand, conseiller de Macron, embarrassé par les affaires d'escroquerie de sa femme ?
Emmanuel Macron lors du défilé du 14 Juillet , photo ©Etienne LAURENT / POOL / AFP

Consultant pour BFM TV mais également conseiller Défense d'Emmanuel Macron durant la campagne, Dominique Trinquand serait cité dans les affaires d'escroquerie de son épouse. Un passé qui embarrasserait sa hiérarchie.

Selon une enquête exclusive du Point parue ce 5 septembre 2017, le général de brigade Dominique Trinquand, issu de la promotion de Saint-Cyr précédant celle de l'ex-chef d'état-major Philippe de Villiers et proche d'Emmanuel Macron, serait rattrapé par les affaires d'escroquerie dans lesquelles sa femme, Mireille, aurait été impliquée.

Condamnée à un an de prison ferme par le passé, cette dernière devra de nouveau répondre devant la justice le 15 septembre pour des affaires remontant à un premier mariage avec un certain Arnauld Mouchette, escroc de haut-vol. Le couple, rapporte Le Point, aurait notamment sévi en Bretagne, s'inventant des vies et se faisant appeler les Mouchette de Prémonville. Une usurpation d'identité et des affabulations qui leur auraient permis de se faire prêter de grosses sommes d'argent.

Si le général n'est pas directement impliqué dans l'affaire, les déboires judiciaires de son épouse auraient toutefois gêné sa hiérarchie. Dominique Trinquand, alors affecté à la mission militaire de la délégation française auprès des Nations unies, aurait été «discrètement rappelé à Paris» en 2009. Le Point affirme que les supérieurs du général auraient voulu éviter un scandale, et ce alors que le FBI se penchait sur l'affaire.

Escroqueries et affabulations

Parmi les nombreuses plaintes qui visent l'épouse de Dominique Trinquand (alors mariée à Arnauld Mouchette), un fabricant de piscine affirmant avoir été escroqué de 2,5 millions de francs entre 1993 et 1997, a entamé des poursuites contre le couple Mouchette.

Un homme de 73 ans, qui s'était pris d'affection pour les époux, a par ailleurs porté plainte pour avoir versé pendant près de sept ans, entre 1997 et 2004, plusieurs millions d'euros, soit l'équivalent d'environ 25 000 euros par mois. Un jugement du tribunal de grande instance de Saint-Dié-les-Vosges, consulté par l'hebdomadaire, établit que Mireille Mouchette, future Trinquand, prétendait avoir un cancer afin d'apitoyer le généreux donateur.

En Bretagne, Mireille Trinquand aurait un peu plus chargé son récit face aux commerçants, s'inventant deux enfants morts écrasés.

En 2004, Mireille divorce d'Arnauld Mouchette et épouse Dominique Trinquand. Toutefois, elle n'aurait pas rompu tous les liens avec son ex-époux sulfureux. Une ancienne maîtresse d'Arnauld Mouchette soutient ainsi que ce dernier avait les clés de l'appartement des Trinquand et que de nombreux versements en liquide auraient été effectués. S'il reconnaît avoir fréquenté un temps l'ex-mari de sa femme, le général Trinquand nie catégoriquement ces informations et accuse l'ancienne maîtresse de chantage et d'extorsion. Cette accusation a fait l'objet d'une plainte déposée en 2010 par le général et qui s'est conclue en 2014 par un non-lieu.

Conseiller d'Emmanuel Macron

S'il continue de défendre sa femme en dépit des ennuis judiciaires de cette dernière, le général chercherait à se faire discret à ce sujet. A tel point qu'il aurait obtenu, selon Le Point, citant un article de 2009 du site du Journal du dimanche, dé-publié depuis, que Google efface de nombreuses pages relatives aux déboires de son épouse. Une information que RT France n'a pas été en mesure de confirmer, et que Mireille Trinquand, citée par l'hebdomadaire, dément fermement : «On cherche à atteindre à la réputation de qui ? Tout cela est fait parce que je porte le nom de Trinquand, un général exemplaire.»

Régulièrement invité sur BFMTV qui le décrit comme «consultant militaire», Dominique Trinquand reste pourtant actif sur la scène politique. Conseiller d'Emmanuel Macron durant la campagne sur les questions de Défense, il accordait le 15 juillet une interview à Atlantico, où il défendait les coupes budgétaires décidées par Emmanuel Macron et qui touchaient notamment les armées. Il y prenait position contre le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, qui démissionna quelques jours plus tard, en raison de ses désaccords sur les réductions annoncées par Emmanuel Macron.

«Il va falloir s'habituer à un président qui est un président qui commande, qui dirige. C'est un sacré décalage par rapport à notre précédent chef d'Etat», avait-il alors déclaré.

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