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«Virer» Florian Philipot du FN, une stratégie prêtée à Gilbert Collard mais dont il se défend

Des journalistes de LCP affirment dans un livre que Gilbert Collard souhaite se présenter à l'élection du comité central du FN pour «virer» Florian Philippot. «Bêtises», «Information bidon pour semer la division» : les deux intéressés nient en bloc.

Gilbert Collard, député apparenté FN du Gard, aurait déclaré vouloir «virer» Florian Philippot du Front national en se présentant contre lui à l'élection interne du parti lors du prochain congrès. C'est du moins ce qui est mentionné dans une biographie du vice-président du FN, à paraître le 16 mars.

Le député du Gard, contempteur régulier de Florian Philippot, serait prêt à se présenter à l'élection du Comité central (CC) du parti lors du prochain congrès afin de «virer Philippot», écrivent en citant l'avocat deux journalistes de LCP Astrid de Villaines et Marie Labat, dans Philippot 1er (éditions Plon).

Pourtant, n'étant pas membre du FN, Gilbert Collard ne peut pas se présenter au CC du parti, prévu à l'automne ou à l'hiver prochain. Lors du précédent, fin 2014 à Lyon, Marion Maréchal-Le Pen était arrivée en tête et Florian Philippot quatrième, ce qui constituait une contre-performance pour le numéro deux officieux du parti.

L'influence de Philippot remise en cause au FN si Le Pen ne gagne pas

«Si Marine ne remporte pas la présidentielle, il va s'en prendre plein la gueule», dit aussi Gilbert Collard, cité dans ce livre.

Dans cette biographie du député du Gard, les journalistes écrivent que plusieurs frontistes considèrent que l'influence du vice-président du FN sur la ligne du parti pourrait être remise en cause lors du congrès si Marine Le Pen échouait à passer le cap du premier tour de la présidentielle ou en cas de défaite trop large au second. 

Le livre détaille aussi l'animosité dont fait l'objet l'eurodéputé au sein de l'extrême droite. «Il n'y a de rivalité qu'entre des gens qui sont d'égale dimension. Philippot ne m'est pas comparable», dit ainsi Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du FN exclu en août 2015, puis réintégré par la justice.

Au sein même du parti, si on salue ses talents de communicant ou sa force de travail, certains propos rapportés sont peu amènes à son encontre: «Il ne sait pas mettre de liant», dit Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du parti. «Trop colérique», «pas drôle», juge le trésorier Wallerand de Saint Just.

Enfin, Florian Philippot, à qui ses adversaires prêtent parfois une ambition supérieure, au delà de l'accession de Marine Le Pen à l'Elysée, dit aux auteurs ne pas fixer «de limites a priori» à ses objectifs. «En 2017, le FN, je vais voir comment ça tourne. Je vais pas forcément y rester des années», a-t-il confié il y a plusieurs mois en privé, selon des propos rapportés par l'AFP.

«Manipulations et mensonges de campagnes», dénonce le parti

«Faut pas répéter toutes les bêtises, cela rend idiot» a tweeté dans la matinée du 13 mars, le député du Gard. Le message a été relayé par Florian Philippot. 

Ce dernier estime pour sa part que ces informations sont «bidon», et n'ont pour unique vocation que de semer «la division» au Front national avant l'élection présidentielle.

Jean-Lin Lacapelle, chargé de la «mobilisation» dans la campagne de Marine Le Pen, a lui dénoncé sur Twitter «les bonnes manips et mensonges de campagne». «Florian est et restera un élément incontournable du succès. N'en déplaise aux calomniateurs !», a-t-il assuré.

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