France

Dernier débat de la primaire de la Gauche, avant le résultat du premier tour

De la sécurité au Moyen-Orient en passant par l'assurance maladie et les finances publiques, le dernier débat avant le premier tour de la primaire socialiste élargie s'annonce décisif, offrant aux sept candidats une occasion de faire la différence.

Vendredi 20 janvier

Evoquant la prétendue "menace" que représenterait le nouveau président américain Donald Trump pour la scène internationale, François de Rugy s'est montré scandalisé par le fait que certains candidats en France se sentent proches des ses idées "populistes". Il a notamment martelé que Marine Le Pen et François Fillon voulaient "rejoindre l’alliance Trump-Poutine" selon lui, alors que lui préconise une alliance entre la France, l'Allemagne et la Pologne "en première ligne devant la menace russe".  

Sur les questions internationales, et notamment de la Syrie, Arnaud Montebourg a déclaré que Bachar el-Assad devait répondre de ses actes devant la scène internationale. Benoit Hamon a suivi ses propos, tout en ajoutant que le pérennisation de l'Etat d'Israël devait être assurée en même temps que la reconnaissance de la Palestine. 

Quant à Manuel Valls, ce dernier a expliqué que le nouveau président américain Donald Trump devait clarifier ses positions sur bien des sujets et que par ailleurs, la question de la Syrie incluait trois questions essentielles : la crise des réfugiés, la lutte contre le terrorisme et la solution politique. Sur ce sujet, l'ex-premier ministre a indiqué qu'il n'y aura pas de solution durable en Syrie avec Bachar el-Assad qui est responsable du massacre dans le pays. Il a cependant, comme dans un aveu inattendu, ajouté que la France "discute déjà avec le régime [le gouvernement de Bachar el-Assad].

Sur la question de la famille et la parité hommes-femmes, "la loi existe mais n'est pas appliquée" et les prises de responsabilité ne sont pas faîtes de façon égalitaire. Regardez dans les entreprises, on a des costumes gris et cheveux blancs partout, avec 3 femmes jolies qui font le café. Il y a un vrai travail à faire là-dessus", a martelé Arnaud Montebourg. 

François de Rugy préconise un congé parental avant la naissance, afin que les futurs parents bénéficient d'un temps de formation.

Sylvia Pinel souhaite que la PMA soit ouverte à toutes les femmes sans conditions. 

Vincent Peillon s'est prononcé contre les "stéréotypes de genre", disant qu'en France, les femmes faisaient peu d'études d'ingénieur ou mathématiques, car elles étaient prédestinées pour autre chose selon les stéréotypes, qu'il faudra désormais casser.

Clou du spectacle : Jean-Luc Bennhamias qui persiste et signe : "La France est un vieux pays de machos, il faut que les femmes prennent le pouvoir, et je leur fais confiance pour ça !".

Sur la question de la sécurité, les sept candidats on parlé du fait qu'il n'y avait pas assez de places de prisons en France. Par ailleurs Jean-Luc Bennhamias souhaite "améliorer le personnel pénitentiaire" et évoque "l'état déplorable des maisons d'arrêts françaises"., tandis que François de Rugy a son credo à ce sujet : "précaution, prévention, protection, pénalisation". 

François de Rugy évoque de plus le cas de Christine Lagarde condamnée mais sans peine de prison comme signe d''inégalité, ajoutant  : "Je ne veux ni impunité pour la délinquance d'en bas, ni l'impunité pour celle d'en haut".

François de Rugy veut légaliser l'euthanasie et préconise un référendum à ce sujet. Une mesure saluée par Benoit Hamon qui le rejoint sur ses propos. 

Parmi d'autres propositions «originales» entrant dans la catégorie dite «carte blanche», Manuel Valls a évoqué le service civique obligatoire pour les jeunes filles et garçons. 

Arnaud Montebourg a quant à lui fait une nouvelle fois l'éloge du Made In France, appelant les jeunes issus des quartiers populaires à "œuvrer dans ce domaine" afin que la lutte contre les discriminations devienne "une grande cause nationale".  

François De Rugy  : «Non à la Turquie et à l'Ukraine en Europe, nous avons des normes». 

«L'UE telle qu'on la connait n'existera plus si on continue comme ca», a insisté Jean-Luc Bennhamias. 

Jeudi 19 janvier

Parlant de l'Union européenne, Jean-Luc Bennhamias a prôné une alliance avec les pays du sud sur un socle social. «Pas que L'Allemagne, mais aussi l'Italie et l'Espagne».

Vincent Peillon a déclatré que les pme "n'arrivent pas à exporter" et a appelé à "redonner de l'argent aux pme", ajoutant "il faut du juste échange mais pas du protectionnisme".

Avec moi, les grands groupes vont redevenir "un tout petit peu plus" patriotiques", a poursuivi Arnaud Montebourg : 

"Taxer lourdement les exportations qui violent nos lois", est ce que préconise Manuel Valls. 

Sur la maîtrise des dépenses publiques, Arnaud Montebourg a expliqué : «Dans notre famille politique, on sait comment ça fonctionne», assurant que la gauche commence à prendre aux riches avant de se rendre compte que ce n'est pas suffisant. «T'as pas le droit» de dire ça, lui a rétorqué Benoît Hamon.

Alors que Benoît Hamon défendait son projet de revenu universel et ce que ce dernier rapportera, Manuel Valls et Vincent Peillon se sont montrés désaccord profond avec son projet.

«Dès l'année 2018, il sera versé aux 18-25, ainsi qu'aux personnes en situation de pauvreté», dit Benoît Hamon qui déplore que le gouvernement ait été capable de dépenser 40 milliards d'euros pour le CICE, «qui n'a créé que quelques dizaines de milliers d'emplois», et que désormais les candidats ne puissent pas envisager de dépenser la même somme pour le revenu universel.

«Comme nous avons baissé les impôts, il est hors de question de laisser déraper les déficits avec, par exemple, un revenu universel», a estimé Manuel Valls en réponse, tandis que Vincent Peillon a lui aussi taclé la proposition de ce dernier : «Je crains la gauche qui fait des promesses et qui ne les respecte pas», déplorant au passage ceux qui modifient leur programme au fur et à mesure de la primaire.

«Les politiques de relance ont fonctionné dans le monde entier avec des investissements au-delà de 3%. Les 3% de dette doivent ainsi être rediscutés [car] nous appliquons des règles rejetées par les français», a affirmé Arnaud Montebourg. 

Cependant, les internautes ont remarqué une contradiction dans les affirmations de Arnaud Montebourg. 

Sur la question de la sécurité sociale et de la santé, Manuel Valls a appelé à plus de volontarisme chez les médecins, ajoutant qu'il fallait un tarif général, refusant de préciser à combien ce dernier s'élèverait, ce qui a provoqué l'agacement de Benoît Hamon qui a insinué que Manuel Valls fuyait le débat.

Après avoir taclé Martin Hirsch qui devrait selon lui se contenter de «gérer les hôpitaux de Paris», François de Rugy a critiqué les visions de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon : le premier prône selon lui le «tout marché», quand le second prône le «tout-Etat». Le candidat écologiste propose un modèle hybride. 

La première question du débat portant sur la situation des personnes sans-abris, notamment en cette période de grand froid hivernal, les sept candidats sont restés très prudents dans leurs propositions. Si tous, déplorent la situation des SDF en France et se montrent scandalisés que des hommes et des femmes soient laissés à la rue dans des conditions extrêmes, aucun n'a vraiment fait de réelle opposition sur ce sujet.

Sylvia Pinel a appelé à «louer les logements inoccupés» pour faire face à la crise du logement, Arnaud Montebourg a appelé à «augmenter les places d’hébergement», Manuel Valls  a appelé à un effort considérable car «7 ou 8 millions de pauvres, c'est insupportable», tandis que Jean-Luc Bennhamias souhaite «améliorer le fonctionnement du samu social et appelle à plus de respect et plus de moyens». 

Mercredi 19 janvier, les sept candidats à la primaire socialiste élargie ont l'occasion, pour la dernière fois avant le vote des militants, de faire valoir leurs idées devant les téléspectateurs, lors d'un débat décisif.