Paris: des migrants, évacués d'un bâtiment insalubre, en quête d'une solution pérenne

Une banderole sur les grilles d'un jardin public servant de refuge aux migrants, Paris.© Benoit TessierSource: Reuters
Une banderole sur les grilles d'un jardin public servant de refuge aux migrants, Paris.

Quelques 150 à 200 migrants qui occupaient une caserne de pompier désaffectée du 10eme arrondissement de Paris l'ont quitté pour des centres d'hébergement, après négocations avec la Mairie de Paris et le Ministère de l'Intérieur.

Il aura fallu plusieurs heures de négociations pour que les migrants acceptent, le 11 juin au soir, la proposition des autorités publiques de loger 110 personnes dans quatre centres d'hébergement, un situé à Nanterre et les trois autres dans le centre de Paris.

Eric Coquerel, secrétaire National du Parti de Gauche et conseiller régional d'Ile de France, joint par RT France, a indiqué que les négociations ont évoluées plusieurs fois dans la soirée: «Vers 18h, nous étions à une proposition du Ministère de l'Intérieur et de la Ville de Paris d'un hébergement pour 50 personnes, dans la soirée nous sommes passée à 110, avec une promesse d'offrir une solution pérenne d'hébergement».

Le conseiller régional décrit également une situation où depuis plusieurs jours ces migrants, pour la plupart originaires du Soudan, erraient de point en point, sans que les autorités publiques ne leur viennent en aide. Selon lui, seules les associations d'aide aux migrants ont suppléé au nécessaire vital: «Avant de se rendre dans la caserne, les migrants étaient installés dans un jardin partagé du 18eme arrondissement qui était absolument inadapté pour recevoir 200 personnes. Ils ont alors eu le choix de se rendre dans un autre jardin ou de se réfugier dans cette caserne de pompiers désaffectée. Ils voulaient un toit sur leur tête, ils ont opté pour cette caserne insalubre».

Auteur: Les soutiens des Migrants près de la caserne désaffectée

Avant que ne soit proposée toute solution, plus tôt dans la journée du 11 juin, une centaine de manifestants se sont massés à l'extérieur pour afficher leur soutien aux migrants alors réfugiés dans la caserne. Quelques échauffourées ont alors eu lieu avec les forces de l'ordre. Cependant Eric Coquerel indique qu'à aucun moment les forces de l'ordre n'ont tenté de pénétrer dans le bâtiment. Dès le début de l'occupation de la caserne par les migrants, les autorités avaient souligné les dangers que présentait cette bâtisse délabrée, à l'abandon depuis une dizaine d'années. 

Egalement présent sur place, le Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a fustigé le comportement de certains des manifestants: «Je voudrais préciser que le gouvernement est mobilisé, mais cela n'est possible que s'il n'y a pas récupération de cette situation à des fins cyniques et politiques» a-t-il déclaré. 

Quoi qu'il en soit, la solution trouvée pour les 110 migrants ne semble pas satisfaisante pour tous. En effet, Eric Coquerel estime qu'il reste toujours 200 migrants encore en errance dans Paris: «Nous demandons que tous les cas soient pris en compte, avec à chaque fois des solutions pérennes» déclare-t-il à RT France.

En savoir plus : Les riverains choqués par la violence du démantèlement du camp de la rue Pajol (VIDEO)

Le Front de Gauche, tout comme les associations qui aident les migrants, pointent le système français de droit d'asile qui pose que seuls les dossiers comportant une adresse de domiciliation soient pris en compte et traités par l'administration. «La plupart des migrants souhaitent demander l'asile en France. Or le Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a prétendu qu'ils ne le souhaitaient pas alors que simplement leur dossier était incomplet. Evidemment, puisque que ces migrants n'avaient pas de domiciliation légale du fait même que les autorités publiques ne leur offrent pas de solution d'hébergement pérenne. C'est une situation qui tourne à l'absurde» indique le porte-parole du Front de Gauche.

Post-it remis à un demandeur d'asile par l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides
Post-it remis à un demandeur d'asile par l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides

Le Front de Gauche, le Parti communiste ainsi que les associations demandent instamment que les autorités franaçises prennent leur part et leur responsabilité du sort des migrants. «Il faudrait que ces gens n'aient plus envie de quitter leur pays. Ceux-ci sont en gerre, souvent en raison d'interventions occidentales d'ailleurs» conclut Eric Coquerel.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales