Affaire «mains propres» : début du procès pour corruption et fraudes de figures de la Côte d'Azur

- Avec AFP

Affaire «mains propres» : début du procès pour corruption et fraudes de figures de la Côte d'Azur© Capture d'écran Google Maps, Pedro Dias
La tour Odéon à Monaco

Onze prévenus comparaissent à partir du 28 novembre devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre d'une affaire de corruption, fraude et blanchiment liée à la Tour Odéon, un gratte-ciel de Monaco.

Le procès pour corruption, fraudes et blanchiment d'élus, d'hommes d'affaires et promoteurs de la Côte d'Azur et de Monaco, dont un des volets concerne la construction de la plus haute tour de Monaco, s'est ouvert dans la matinée du lundi 28 novembre au tribunal correctionnel de Marseille.

Parmi les 11 prévenus, dix étaient présents à l'ouverture de l'audience. Seule manquait Lucette Vestri, veuve de l'ancien sénateur-maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat, René Vestri, mort en 2013. Représentée par son avocat, Lucette Vestri, âgée de 76 ans, a fait savoir qu'elle serait présente le jour de son audition, plus tard dans la semaine.

Sa fille, Olivia Vestri, et son gendre, Raffaele Vanacore, étaient présents. Il sont gérants d'une plage privée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dont la concession leur a été accordée par la mairie dirigée par René Vestri. La justice leur reproche d'avoir détourné et soustrait au fisc des millions d'euros, produit de l'activité commerciale de cette plage, dans l'un des volets du dossier. Gérard Spinelli, le maire DVD de Beausoleil, une commune voisine de Monaco, était également sur le banc des prévenus. Cet homme de 62 ans est poursuivi pour corruption passive, soupçonné d'avoir passé un pacte avec les deux promoteurs de la tour Odéon, les frères Claudio et Paolo Marzocco – renvoyés pour corruption active – pour faciliter le chantier du luxueux gratte-ciel, construit à proximité immédiate de sa commune.

Le principal prévenu, Ange-Roméo dit «Lino» Alberti, s'est présenté dans un élégant costume bleu sombre. Ce self made man né en Italie et aux relations multiples et variées – élus, hommes d'affaires, mais également mafieux présumés, comme Gianni Tagliamento, souvent présenté comme un membre de la Camorra napolitaine – fait figure de pièce centrale dans ce procès de la corruption et de la fraude. C'est via son intermédiaire, selon l'accusation, que les frères Marzocco ont conclu le pacte avec Gérard Spinelli, «un ami de 30 ans» de Lino Alberti. C'est également grâce à lui, toujours d'après les enquêteurs, que la famille Vestri a pu ouvrir des comptes en Suisse au nom de sociétés basées dans les Iles Vierges britanniques, pour détourner une partie des revenus de la plage, ainsi que d'autres fonds de la famille Vestri.

A l'ouverture du procès, plusieurs avocats ont déposé des requêtes en incompétence et nullité. Le tribunal a suspendu l'audience afin d'en prendre connaissance.

Lire aussi : 36 interpellations en France et à l'étranger dans le démantèlement d'un vaste réseau de blanchiment

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales