Sanction de l'UE contre Marine Le Pen : «Le règne de l'arbitraire» selon Florian Philippot

Sanction de l'UE contre Marine Le Pen : «Le règne de l'arbitraire» selon Florian Philippot Source: Reuters

Le vice-président du Front national, reprochant un acharnement de Bruxelles contre son parti, s'est indigné de l'injonction formulée par l'UE à Marine Le Pen de rembourser 339 000 euros pour des emplois fictifs présumés.

«Cette Union européenne c'est le règne de l'arbitraire, elle est douce avec les copains, avec les européistes, et elle est impitoyable avec ses adversaires, elle ne s'intéresse d'ailleurs qu'à ses adversaires, ceux qui mettent en cause son emprise, son pouvoir», a fulminé le vice-président du Front national (FN) Florian Philippot sur la chaîne BFMTV, dans la soirée du lundi 31 octobre, en référence à la somme dont la présidente du parti, Marine Le Pen, doit s'acquitter auprès de l'UE en raison d'accusations portant sur des emplois fictifs supposés au Parlement européen.

339 000 euros à reverser à l'UE pour emplois fictifs

Plus tôt dans la journée, le journal Marianne avait révélé qu'une enquête dirigée par l'Office de lutte antifraude européen pointait du doigt l'activité de deux assistants parlementaires de Marine Le Pen. Ces derniers auraient été rémunérés à l'aide des fonds alloués à cette tâche par l'Union européenne alors qu'en fait ils auraient travaillé comme des permanents du Front national (FN). L'UE estime que le préjudice qu'elle a subi s'élève à 339 000 euros.

Catherine Griset serait la principale visée. Cette amie de longue date de Marine Le Pen aurait occupé, entre 2010 et 2016, un «emploi fictif». Employée comme assistante parlementaire de l'élue européenne Marine Le Pen, elle exerçait en même temps la fonction de chef de cabinet au sein de son équipe. Or, selon l’article 33 du code statutaire des eurodéputés, les fonds débloqués pour employer les assistants doivent correspondre à une activité «directement liée à l’exercice du mandat parlementaire des députés». Une condition qui exclut strictement toute activité au sein d'un parti. C'est précisément ce genre d'activité qu'est soupçonnée d'avoir eu Catherine Griset.

Néanmoins, a fait valoir Florian Philippot sur BFMTV, il ne serait pas possible de différencier les fonctions d'eurodéputée et de chef de parti de Marine Le Pen, et donc les différents rôles de son assistante. «Marine Le Pen, elle est eurodéputée de minuit à 24h, du 1er janvier au 31 décembre, elle est en même temps présidente du Front et eurodéputée, que ça plaise ou pas aux eurocrates, aux européistes. Moi je ne sais pas différencier», a-t-il affirmé.

L'Office de lutte antifraude européen a engagé, en août 2016, une procédure de recouvrement à l'encontre de la présidente du Front national, visant à récupérer les sommes correspondant aux salaires indûment perçus par ses deux collaborateurs, et qui s'établirait à 339 000 euros.

Prévenue par courrier au cours de l'été 2016, la présidente du FN est pour l'heure demeurée silencieuse. Elle dispose encore de quelques jours pour faire parvenir des justifications à l'Office de lutte antifraude européen, avant de devoir s'acquitter d'une lourde amende.

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