Mise en cause dans l'affaire des sondages de l'Elysée, Taubira est convoquée par la justice

L'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira © Christian Hartmann Source: Reuters
L'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira

L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé avoir été placée sous le statut de témoin assisté dans l'enquête sur la plainte déposée à son encontre par Patrick Buisson, en marge de l'affaire des sondages de l'Elysée.

«Je suis mise en cause par Patrick Buisson, parce que lui est mis en cause dans une affaire présumée de favoritisme et de détournement de fonds publics», a indiqué l'ex-garde des Sceaux dans sa déclaration transmise à l'AFP à l'issue de son audition dans le bureau de la juge d'instruction, qui l'a placée sous le statut de témoin assisté.

Sous ce statut, intermédiaire entre ceux de simple témoin et de mis en examen, Christiane Taubira estime pouvoir avoir «désormais accès au dossier» afin «de voir les fantaisies qu'il contient».

Selon Patrick Buisson, l'ancienne ministre a violé, lorsqu'elle était encore en fonction, les règles de séparation des pouvoirs et a nécessairement eu une influence sur les magistrats instruisant l'affaire des sondages de l'Elysée.

L'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy avait porté plainte en février 2013 pour «prise illégale d'intérêt» contre Christiane Taubira, garde des Sceaux entre 2012 et 2016, qu'il accusait d'avoir été juge et partie dans l'enquête sur les sondages commandés par l'Elysée pendant le quinquennat Sarkozy. 

Dans sa plainte, Patrick Buisson dénonçait le fait que Christiane Taubira ait appartenu au comité de parrainage d'Anticor alors même que cette association de lutte contre la corruption était à l'origine de l'enquête sur les sondages élyséens par une plainte déposée en 2010. A l'époque de cette plainte, Christiane Taubira n'était pas ministre.

L'ancien conseiller venu de l'extrême droite, tombé en disgrâce en 2014 après la révélation de ses enregistrements clandestins à l'insu de Nicolas Sarkozy, est mis en examen dans l'enquête sur les sondages de l'Elysée, pour recel de favoritisme et détournement de fonds publics.

Il avait signé avec la présidence de la République une convention lui confiant une mission de conseil rémunérée 10 000 euros par mois et octroyant à sa société Publifact «l'exécution de sondages», à sa liberté d'appréciation et avec les instituts de son choix.

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