France

Selon Buisson, Sarkozy a laissé en 2006 des «bandes de blacks et beurs» agresser des «jeunes blancs»

Patrick Buisson, sulfureux conseiller tombé en disgrâce de Nicolas Sarkozy, règle ses comptes avec l'ex-chef de l'Etat dans un livre explosif, La Cause du peuple, à paraître jeudi, en pleine bataille de la primaire de la droite pour 2017.

Nicolas Sarkozy a laissé en 2006 «des bandes de blacks et de beurs» agresser des «jeunes blancs» anti-CPE pour reprendre ensuite le contrôle de la situation face à son rival Dominique de Villepin, affirme Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, dans un livre à paraître jeudi dont L'Express publie des extraits.

Début 2006, alors que la rivalité avec son ministre de l'Intérieur est à son comble en vue de 2007, le Premier ministre Dominique de Villepin, alors très populaire, tente de marquer des points face à son adversaire en présentant le Contrat première embauche (CPE), un projet qui jette de nombreux jeunes dans la rue et qui sera finalement enterré. L'une des manifestations, le 26 mars, se termine par des émeutes aux Invalides, à Paris.

«Pour Nicolas Sarkozy, les Invalides furent l'équivalent d'Austerlitz pour Napoléon Bonaparte [...] A tout le moins s'il faut en croire l'histoire qu'il aimait à raconter en petit comité : "Nous avions pris la décision de laisser les bandes de blacks et de beurs agresser les jeunes blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match de la probabilité de sérieux incidents"», écrit, dans La Cause du peuple, l'historien et politologue, disgracié par Nicolas Sarkozy après la publication d'enregistrements clandestins en 2014.

«Nous avions tremblé à l'idée qu'il puisse y avoir un blessé grave. Mais, au fond, ça valait la peine d'endurer pendant une demi-journée les sarcasmes des médias», aurait ajouté Sarkozy, toujours selon l'ancien directeur de Minute, mis en examen pour l'affaire des sondages de l’Élysée, tout comme plusieurs ex-collaborateurs de l'ex-président.

Patrick Buisson lui fait également dire, lors d'une autre manifestation anti-CPE : «On laissera (les casseurs) faire leurs courses chez Darty et à Go Sport». Le ministre de l'Intérieur était ensuite apparu sur les lieux, «fier de montrer à quel point il maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse».

Dans ce livre de 464 pages sous-titré «L'histoire interdite de la présidence Sarkozy», mêlant anecdotes et réflexions, Patrick Buisson affirme aussi qu'entre les deux tours de la présidentielle de 2007, le candidat Sarkozy lui demande : «Appelle (Jean-Marie) Le Pen... Demande-lui ce qu'il veut [...] S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai.»

Il assure aussi que l'ancien chef de l'Etat avait demandé à ses troupes de «faire remonter une cinquantaine de signatures d'élus au candidat Le Pen» pour qu'il puisse concourir à cette élection. Selon lui, l'ex-chef de l’Etat aurait également affirmé en 2005 devant des proches : «Les valeurs du Front national sont celles de tous les Français.»

Sollicité par l'AFP, l'entourage de Nicolas Sarkozy n'avait pas réagi mardi en début d'après-midi. L'intéressé, interrogé lundi matin sur Europe 1 sur Patrick Buisson, avait éludé : «Il ne m'intéresse plus [...] Ce n'est pas un sujet pour moi».