France

Décès d’Adama Traoré : une marche blanche organisée par la famille

La préfecture a accédé à la demande des proches d’Adama Traoré qui souhaitaient organiser une marche blanche à Beaumont-sur-Oise en mémoire du jeune homme décédé le 19 juillet suite à un contrôle de gendarmerie.

Les proches du jeune homme de 24 ans, décédé le 19 juillet suite à un contrôle de gendarmerie, ne décolèrent pas. Ils crient toujours à la bavure malgré le rapport d’autopsie qui semble dédouaner les forces de l’ordre. 

Mais ce 22 juillet, c’est bien pour se souvenir qu’ils se sont rassemblés. Une marche blanche qui a réuni des centaines de participants est partie à 17h de la cité Boyenval dont était originaire Adama Traoré. Hawa, sa soeur jumelle, est à l’initiative de la mobilisation. 

Troisième nuit de violence

Même après l’appel au calme lancé par Hawa Traoré, de nouvelles violences ont émaillé la nuit de jeudi à vendredi 22 juillet. Si le directeur de cabinet du préfet du Val-d’Oise, Jean-Simon Mérandat, a parlé d’une nuit «beaucoup plus calme», des actes de vandalisme ont eu lieu à Beaumont-sur-Oise, Persan, l'Isle-Adam, Champagne-sur-Oise et Bernes-sur-Oise.

Deux pompes à essence, un local poubelles et six véhicules ont notamment été incendiés. Douze feux sur la voie publique ont été déclenchés et un véhicule de la gendarmerie a été la cible de tirs au plomb.

Dans un premier temps, Adama Traoré avait été présenté comme suspect d’une affaire d’extorsion de fonds. Mais, d’après le procureur adjoint de la République de Pontoise, «ce n’était pas le jeune homme qui était visé à la base par l’interpellation, mais son frère. Adama Traoré s’est interposé puis a dû être maîtrisé par trois gendarmes et emmené au poste». Il est ensuite décédé d’un malaise cardiaque.

Les proches du jeune homme de 24 ans affirme qu’il a été victime de violences policières. Une autopsie pratiquée le 21 juillet contredit cette version. Adama Traoré aurait été atteint «d’une infection très grave». L’enquête est toujours en cours.

Une affaire qui a pris une ampleur nationale 

La mort d'Adama Traoré va-t-elle conduire à la naissance d'un véritable mouvement «Black lives matter» à la française ? L'effervescence que provoque l'affaire sur les réseaux sociaux permet de poser légitimement la question.

Que ce soit des stars comme l'acteur Omar Sy ou des militants tel que l’avocat et président de la Ligue de défense judiciaire des musulmans Karim Achoui, les proches d'Adama Traoré se sont trouvés de nombreux défenseurs. 

Sur Twitter, le hashtag #BLMFrance pour «Black lives matter France» a réussi à se hisser dans les sujets les plus discutés sur le réseau social. 

Le mouvement prévoit d'ailleurs une mobilisation le 23 juillet à partir de 14h à Paris. Les militants se mettront en route depuis Châtelet. «Nous marcherons solidairement jusqu’à l’ambassade des Etats-Unis, pays où les crimes policiers négrophobes sont les plus médiatisés», peut-on lire dans le descriptif de l’événement sur le réseau social Facebook.