France

Des intellectuels demandent à la France le rapatriement de crânes de résistants algériens

17 intellectuels français et algériens ont cosigné un appel au retour en Algérie des ossements de résistants à la colonisation française, qui se trouvent actuellement au Musée de l'Homme à Paris.

Dans une tribune publiée le samedi 9 juillet dans le journal Le Monde, des historiens, sociologues et universitaires, parmi lesquels l'Algérien Mohammed Harbi et le Français Benjamin Stora, appellent la France à restituer à leur pays les restes mortuaires d'Algériens conservés au Musée de l'Homme à Paris. Il s'agit de crânes de résistants à la colonisation française, tués dans les années 1840 et 1850.

Les cosignataires de l'appel espèrent que, de cette manière, les défunts pourront bénéficier d'«une sépulture digne, comme cela fut fait pour les rebelles maoris ou le résistant kanak Ataï et ses compagnons» (dont les restes ont été ramenés à leurs terres d'origine en 2014). Réfutant toute logique de «repentance», les intellectuels affirment également vouloir «contribuer à sortir de l’oubli l’une des pages sombres de l’histoire de France, celles dont l’effacement participe aujourd’hui aux dérives xénophobes qui gangrènent la société française».

Le Musée de l'Homme prêt, depuis juin, à examiner les demandes de restitution

En 2011, déjà, l’archéologue et historien algérien Ali Farid Belkadi avait lancé une pétition «pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français». Depuis, de nombreux Algériens ont appelé à la restitution des ossements des résistants. Début juin, le directeur des collections du Musée de l'Homme s'était dit prêt à «examiner favorablement» ces demandes.

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