Les données personnelles de 112 000 policiers français... sur internet

Source: Reuters

Les données personnelles de 112 000 policiers ont été mises en ligne pendant près de deux semaines sur internet, via un fichier protégé par un mot de passe, a-t-on appris le 27 juin de source judiciaire.

Ces données – adresses, coordonnées et numéros de téléphone –sont celles des 112 000 adhérents de la mutuelle générale de la police (MGP), des policiers actifs ou retraités, ainsi que celles de leurs proches. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'auteur de ce détournement de données est un employé d'un sous-traitant de la mutuelle, en conflit avec son employeur au sujet d'une prime non versée, a indiqué à l'AFP Gilbert Emery, procureur de la République de Limoges, confirmant une information de RTL.

«Un incident inacceptable» pour le directeur général de la police nationale

Une enquête a été ouverte pour «extraction et transmission frauduleuse de donnée issues d’un système de traitement automatisé» et sera confiée à la police de Limoges, qui pourrait bénéficier de l'aide de policiers spécialisés dans ce type de délits.

«Selon les premiers éléments du dossier, les informations privées des policiers ont été mises en ligne sur Google Drive le 3 juin dernier, et ont été retirées dans la foulée de l'ouverture de l’enquête. En tout et pour tout, les données auront été en ligne pendant un peu plus de quinze jours», a souligné le procureur de Limoges.

«Vraisemblablement le site où les données ont été stockées était moins sécurisé que le logiciel utilisé par la mutuelle, mais pour autant rien ne permet d'affirmer qu'un tiers aurait pu accéder aux données, qui par ailleurs étaient protégées par un mot de passe», a-t-il ajouté.

Pour le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, il s'agit toutefois d'«un incident inacceptable». «Je demande à l'ensemble des institutions et organismes ayant en charge la gestion de données personnelles d'agents de la police nationale de prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires», a-t-il déclaré à l'AFP.

Cette affaire relance les inquiétudes sur la protection des données personnelles des policiers après le double assassinat d'un policier et de sa compagne le 13 juin à leur domicile à Magnanville par un djihadiste se revendiquant de l'organisation Etat islamique.

Quatre jours plus tard, le président de la République François Hollande avait promis des mesures pour «garantir l'anonymat» des policiers en dehors de leur service et «donc leur protection».

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