Plan social chez Areva, une nouvelle bombe pour le gouvernement

Employés d'Areva Source: Reuters
Employés d'Areva

Accusant un déficit de 4,83 milliards d’euros, Areva a annoncé un plan d’économie incluant la suppression de 6000 postes, entre 3000 et 4000 en France. Une mauvaise nouvelle de plus pour François Hollande, qui fête ses trois ans à la tête du pays.

Les salariés d’Areva redoutaient des conséquences négatives sur l‘emploi, le plan de restructuration exposé par la direction de l’entreprise a confirmé leurs craintes : ce sont 6000 postes qui vont être supprimés dans le monde, dont 3 à 4000 en France dans le cadre de son «plan de compétitivité».

En mars dernier, l’entreprise française spécialisée dans le nucléaire a admis avoir enregistré 4,83 milliards d’euros de pertes nettes en 2014, ce qui met Areva en situation très délicate au regard de sa valeur boursière n’excédant pas 3,7 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaire de 8,34 milliards d’euros en 2014.

Ces suppressions d’emploi ne devront pas compromettre la sécurité des équipements nucléaires actuels, alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient de révéler de «très sérieuses anomalies» sur la cuve du réacteur de l’EPR en construction à Flamanville (Manche).

Par conséquent, ce seront les fonctions dites «de support» (juridique, comptabilité, ressources humaines, informatique, communication) qui seront le plus concernées, alors que ces métiers avaient déjà été durement touchés lors d’une première restructuration en 2012.

Les syndicats regrettent la mise en place d’un plan social alors qu’il n’existe pas à l’heure actuelle une stratégie claire pour le groupe.

La direction a également annoncé qu'elle visait une réduction de ses frais de personnel de l'ordre de 15 %.

L’entreprise dorénavant au bord de la faillite, devra voir au-delà du volet social pour pouvoir s’en sortir : des cessations d’actifs, comme des mines ou certains métiers de l’entreprise, et une ouverture de capital à des investisseurs étrangers.

Autant de sujets sensibles et hautement politiques qui posent la question de la souveraineté de la France sur le secteur clé de l’indépendance énergétique. François Hollande et son gouvernement auront leur mot à dire sur les directions à prendre pour Areva, dont l’Etat détient 87 % des parts.

Le gouvernement s’est pour l’instant borné à appeler Areva à mener un «dialogue social exemplaire». Emmanuel Macron rencontrera les syndicats du groupe le 22 mai.

Ce plan social chez Areva est un nouveau caillou dans la chaussure du président français, alors que les médias de France et d’ailleurs dressent le bilan économique de trois années de présidence Hollande et que le nombre de chômeurs continue à augmenter, malgré la très légère baisse du mois de janvier.

En savoir plus : La France refuse de se réformer pour reprendre le souffle

Fleuron de l'industrie française, héritage du Général de Gaulle qui en avait fait le leader de la production énergétique et le garant de notre indépendance, c’est la première fois de son histoire qu'Areva connait une réduction d’effectifs. 

Quatre années après la catastrophe de Fukushima, le marché de l’atome reste atone. Le chiffre d’affaires d’Areva au Japon s’est réduit comme peau de chagrin, où toutes les centrales sont à l’arrêt depuis 2011. Il a également fortement baissé aux Etats-Unis, où le gaz, notamment le gaz de schiste, prend l’avantage, et en Allemagne, qui cherche à sortir du nucléaire. Japon, Etats-Unis et Allemagne, trois pays sur lesquels le champion français du nucléaire avait axé son développement.

Récemment encore, de nombreux plans sociaux ont été anoncés, en particulier ceux de Dim et la Halle aux vêtements, ainsi que la liquidation de MoryGlobal et le futur plan de licenciements à la SNCF.

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