France

Lycée Jean-Jaurès à Paris : une évacuation «honteuse» des migrants, selon la gauche

Après l'évacuation ce mercredi 04 mai au matin du lycée Jean Jaurès, dans le XIXe arrondissement de Paris, les personnalités politiques de gauche sont indignées. Depuis le 21 avril dernier, il était occupé par près de 300 migrants.

«Cela devient une gestion de plus en plus violente, dure et incompréhensible sur le plan de la logique de la question des migrants», a réagi le coordinateur du Parti de gauche, Eric Coquerel, interrogé par un journaliste de RT France présent sur place. L'évacuation qui a débuté à 6h20 du matin n'a pas été sans heurts entre les plus de 300 manifestants venus soutenir les migrants et les forces de l'ordre qui ont recouru à du gaz lacrymogène pour procéder à l'évacuation du lycée Jean-Jaurès.

Eric Coquerel : «Le trouble à l'ordre public vient du gouvernement»

«Quand on fait jouer aux forcex de l'ordre un rôle de violence, c'est incompréhensible. On est bousculé tout de suite, aucune sommation. Je ne sais pas ce que cherche le gouvernement, manifestement c'est de montrer qu'il a des muscles face aux plus faibles et aux migrants», a-t-il critiqué.

Clémentine Verschave, du collectif La Chapelle debout qui tentait de venir en aide à ces réfugiés s'est alarmée de cette situation, déclarant : «Il n'y a pas de place en hébergement à Paris. Ils vont se retrouver en hébergement d'urgence pour 24 heures-72 heures maximum. Ou dans un hôtel s'ils ont de la chance.»

Le groupe écolo de Paris a publié un communiqué dans lequel cette évacuation est qualifiée d'«indigne». «Deux jours après la mise à l'abri de Stalingrad au cours de laquelle 1 600 réfugiés ont été hébergés, le Préfet avait déclaré qu'il ne restait aucune place. Nous sommes très inquiet de la réalité et du type des hébergements qui leur ont été proposés», a notamment déclaré la coprésidente du groupe des élues écologistes de Paris.

«La région portera plainte en cas de dégradations constatées»

La présidente du Conseil régional Valérie Pécresse avait saisi les tribunaux qui ont ordonné ce vendredi 29 avril l'expulsion des migrants. Ils occupaient les 8 000 mètres carrés du lycée Jean Jaurès, inoccupés depuis près de 5 ans. «La région va procéder à un état des lieux après cette occupation et portera plainte en cas de dégradations constatées», a affirmé l'élue des Républicains.

«Au total, 277 occupants ont été recensés. Il s'agit essentiellement de personnes originaires du Soudan, une partie d'Erythrée et de Syriens en plus petit nombre», a précisé le préfet Michel Cadot.

Parmi eux, «74 personnes (dont 20 femmes et 6 enfants) ont été mises à l'abri et conduites vers un centre d'hébergement» et 203 personnes ont «été prises en compte afin d'examiner leur situation administrative», a informé la préfecture de police dans un communiqué.

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