France

Les manifestions pouvant provoquer «des troubles à l'ordre public» interdites à Calais

Bernard Cazeneuve a annoncé le 3 février l'interdiction de toutes les manifestations pouvant provoquer «des troubles à l'ordre public» à Calais alors que l'organisation Pegida France voulait y organiser une manifestation le 6 février prochain.

«J'ai demandé à la préfète du Pas-de-Calais de procéder à l'interdiction de toutes les manifestations, quels que soient leurs organisateurs, qui sont susceptibles d'occasionner des troubles à l'ordre public», a indiqué le ministre de l'Intérieur.

La branche française du mouvement islamophobe Pegida avait indiqué vouloir organiser une manifestation contre «l'islamisation de la France» le week-end prochain. «Quoi qu'il en soit, vous pouvez être sûrs qu'on sera présents», avait réagi Loïc Perdriel, le chef de Pegida France, après la décision d'interdiction prise par la préfecture du Pas-de-Calais.

«Je m'attendais à une interdiction, au vu des incidents liés aux manifestants No Border il y a deux semaines. Pourtant, nos rassemblements se sont toujours bien passés», avait indiqué le chef de Pegida France à francetv.info.

Sur Twitter, les réactions de personnes indignées par cette interdiction se multiplient alors que, le 23 janvier dernier, une manifestation en soutien aux migrants de la «Jungle», organisée par l'organisation altermondialise No Border, avait été autorisée.

Le ministre de l'Intérieur a condamné «avec la plus grande fermeté les débordements qui ont eu lieu il y a une dizaine de jours» à l'occasion d'une manifestation qui a débouché sur l'occupation d'un ferry par des migrants et des militants altermondialistes  de No Border, dont Bernard Cazeneuve a dénoncé l'«irresponsabilité» et «le cynisme».

Affirmant sa volonté de lutter contre l'immigration irrégulière à Calais, le ministre a précisé que des contrôles allaient être menés «à l'entrée et à la sortie» de la «Jungle», ce campement où les migrants s'installent dans l'espoir d'un passage en Grande-Bretagne. Des consignes ont été données pour que, lors d'une infraction, «ceux qui ont été interpellés et ne relèvent pas de l'asile en France soient immédiatement éloignés», a-t-il ajouté.

Le campement, où 6 000 migrants avaient été recensés à l'automne, compte «3 800 personnes aujourd'hui», a précisé le ministre, en assurant que l'action humanitaire des pouvoirs publics ne consistait pas «à organiser un grand camp qui aurait vocation à se développer durablement».

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