France

«L'Europe capitaliste» fortement critiquée lors du sommet Plan B à Paris

La faillite des dirigeants de l'Union européenne, la crise migratoire et l'indépendance économique de l'Europe étaient au cœur du forum internationale «Pour un plan B en Europe» qui s'est ouvert ce samedi, à Paris. RT France était présent.

L'ancien ministre des Finances allemand Oskar Lafontaine a violemment critiqué la politique migratoire et économique de François Hollande en ouverture de ce forum samedi 23 janvier en début d'après-midi, à la Maison de la Chimie, à Paris. En compagnie du fondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, de l'ancienne présidente du Parlement grec Zoe Konstantopoulo et de l'ancien ministre des Finances italien Stephano Fassina, les organisateurs de cette réunion, ils ont plaidé pour un «renouveau européen» à l'encontre notamment des politiques d'austérités actuellement mises en place au sein de l'UE.

Pour une plus grande indépendance de l'UE vis à vis des Etats-Unis 

Le fondateur du parti allemand Die Linke, M. Lafontaine, a plaidé en préambule pour une plus grande indépendance de l'UE vis à vis des Etats-Unis. Il a attaqué le chef d'Etat français en comparant sa guerre menée en Syrie contre le terrorisme à la politique extérieure belliqueuse de l'ancien président américain Georges W. Bush. «Tant que les Etats européens resteront attelés au chariot de l'impérialisme nord-américain, les flux de réfugiés ne tariront pas. La guerre est la terreur des riches. Le terrorisme est la guerre des pauvres», a-t-il déclaré, en référence aux bombardements français effectués en Syrie tout de suite après les attentats à Paris et Saint-Denis du 13 novembre dernier.

La crise migratoire, symbole de cette faillite

La crise migratoire a également été évoquée par les différents participants comme un des symboles de cette faillite européenne. M. Lafontaine a notamment critiqué la chancellière allemande Angela Merkel pour sa politique migratoire d'ouverture des frontières aux migrants.

Apportant de l'eau au moulin de l'ancien ministre allemand, Jean-Luc Mélenchon, également à l'initiative de ce sommet, a vilipendé les interventions extérieures décidées par les dirigeants européens dont la crise migratoire est la conséquence. «Les migrations n'ont jamais été autres choses que la conséquence de la dévastation de ces pays. (…) Nos adversaires organisent le racisme et la xénophobie contre les gens qu'ils ont eux-même fait partir», a-t-il indiqué lors d'un point presse effectué en fin d'après-midi.

A l'image d'une élite européenne coupable, il a fustigé la déclaration de la directrice du FMI Christine Lagarde qui a conseillé d'intégrer les réfugiés dans le marché du travail sans tenir compte des salaires minimums en place dans les pays où ils arrivent. Il a qualifié cette annonce «d'apport aux programmes d'extrême droite de toute l'Europe». 

Un sommet pour «redonner le pouvoir au peuple»

Jean-Luc Mélenchon, Oskar Lafontaine, Zoe Konstantopoulo et l'ancien ministre des Finances italien Stephano Fassina, sont les initiateurs de ce sommet. Ils l'avaient annoncé en septembre dernier dans un appel commun signé par plusieurs autres dirigeants européens dont le député et ex-ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, qui s'est fait remarquer ce samedi 23 janvier par son absence.

Ces personnalités réagissaient à l'accord entre le Premier ministre de la Grèce Alexis Tsipras et l'UE, décidé le 13 juillet dernier, perçu par les signataires comme un renoncement du chef d'Etat alors que le peuple de Grèce venait de refuser par référendum les mesures d'austérité voulues par Bruxelles. 

Il s'agit de «redonner le pouvoir au peuple» face à la faillite des dirigeants européens et de la politique menée par l'UE symbolisée par la crise grecque.

Vanté par Oskar Lafontaine, le succès du parti Podemos en Espagne et le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn apparaissent comme des modèles pour l'émergence d'une nouvelle gouvernance de l'UE voulue par les organisateurs de ce forum.