France

«Permis de tuer» : des dizaines de milliers manifestent contre la présomption de légitime défense

Près de 50 000 personnes ont défilé dimanche 20 septembre à Paris, Marseille, Lyon et Toulouse contre une proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre. Les opposants dénoncent un risque d’impunité.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont répondu à l'appel d'associations de défense des droits humains et de la gauche pour manifester contre ce texte, voté le 7 juillet par les députés et bientôt examiné au Sénat. Ils dénoncent le qualificatif de « permis de tuer ».

Une mobilisation nationale face à une inversion de la charge de la preuve

À Paris, 21 000 personnes ont marché de la place de la République vers Nation, selon la préfecture de police. On y a lu sur les pancartes : « Nos vies méritent d'être vécues, pas abattues - Non au permis de tuer ! » ou « Plus de pouvoir = plus de bavure ». Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et d'autres élus de La France insoumise ont rejoint le cortège. « La police tue déjà […], nous devons faire échouer cette loi » qui « ne doit pas être inscrite à l'ordre du jour du Sénat », a déclaré Mathilde Panot, cheffe de file des « insoumis », en conférence de presse.

Le texte prévoit que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi lorsqu'ils «font usage de leurs armes», une présomption renversable par des preuves contraires, des dispositions en contradictions avec un rapport de la Cour des comptes de juillet qui réclame plus de transparence du côté des forces de police.
Pour ses détracteurs à gauche, dont Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme et le collectif Stop aux violences d'État, cela inverse la charge de la preuve et risque d'aggraver les violences. En fin de cortège parisien, des gaz lacrymogènes ont été tirés et une vitrine cassée par des militants d'extrême gauche.

Une pétition a recueilli plus de 730 000 signatures, mais a été classée en juillet alors que l'Assemblée a admis ce dispositif. À Marseille et Lyon, 4 500 personnes ont défilé selon les préfectures, 3 700 à Toulouse.

Des familles de victimes ont pris la parole, égrenant des prénoms de jeunes « issus des quartiers populaires ».