L'ancien premier ministre a réaffirmé, dimanche 20 septembre, sa volonté d'organiser une primaire du « grand fleuve central » afin d'éviter un deuxième tour entre ce qu'il nomme les « extrêmes ».
Il a proposé un mode de désignation précis après avoir déjà évoqué un tel dispositif au début du mois d'août, mais l'adhésion reste limitée parmi les personnalités présentes.
Un calendrier jusqu'à début février
Réunis autour de François Bayrou dans le Vaucluse, les cadres du MoDem et des « non-alignés » comme Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand, Thierry Breton ou Jean-Louis Borloo ont débattu de la méthode pour soutenir un candidat unique en 2027. L'objectif affiché : empêcher un duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon. « Si on part divisées, on sait que le deuxième tour, ce sera un extrême contre l'autre, et donc une menace mortelle, mortelle, sur l'avenir du pays », a prévenu l'ancien maire de Pau, très applaudi sur ce point.
Dans son discours de clôture, Bayrou a fixé les modalités. Les candidats doivent se déclarer avant la fin octobre et réunir dix parrainages de parlementaires. Novembre et décembre seraient consacrés aux débats et rencontres, avant une première tournée « vers le 15 janvier » par Internet, suivie d'un deuxième quinze jours plus tard. Début février, un « candidat unique » serait désigné. Les électeurs s'engageraient à « refuser les extrêmes » et à soutenir le vainqueur.
Le journaliste Thomas Despre a résumé ces contours sur X : « Bayrou précise les contours de sa primaire "de la gauche modérée à la droite" : 10 parrainages de parlementaires, candidatures d'ici fin octobre, 1er tour par internet "vers le 15 janvier", un engagement à "refuser les extrêmes" et à "soutenir" le vainqueur ».
L'ancien Premier ministre a directement interpellé Édouard Philippe, opposé à toute primaire, et Gabriel Attal, qui ne ferme pas la porte : « Qu'est-ce que vous craignez ? Où est le problème ? » Seul Thierry Breton a paru relativement réceptif. Xavier Bertrand a jugé le temps des kamikazes dépassé, tandis qu'Hervé Marseille, président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), a rejeté un « entre-soi ». Même au MoDem, certains cadres préfèrent un « conclave » et doutent que Philippe suive alors que le premier chef de gouvernement de l'ère Macron est en tête dans les sondages au centre.