France

«Censure préventive» : jugé trop à droite, un éditorialiste évincé d’une radio d’État française

Le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, convié à tenir une chronique hebdomadaire sur France Inter par souci de pluralisme, a annoncé ce 19 septembre que la direction de la radio publique avait finalement annulé sa chronique, cédant ainsi à la pression des syndicats et du personnel qui s’opposaient à cette arrivée.

« Je constate qu’une exigence aussi basique que le pluralisme peut lever contre elle une minorité radicalisée, prompte à invoquer la démocratie tout en contestant une liberté d’expression pourtant capitale à sa vitalité. »

Dans un long post, publié ce 19 septembre sur X, le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles Charles Sapin a annoncé la décision de la direction de France Inter de supprimer la chronique dominicale de deux minutes qu’elle comptait lui confier. Il a ajouté qu'il avait refusé le « débat » qui lui avait été proposé en lieu et place.

Le journaliste, notamment passé par Le Figaro et le Point, a confié avoir « voulu garder le silence », afin de ne pas « ajouter au brouhaha et au ridicule », alors que depuis l’annonce fin août de son arrivée sur France Inter syndicats et salariés du groupe Radio France ont multiplié les appels à la grève.

Ceux-ci entendaient exprimer leur « refus catégorique » de voir arriver sur leurs ondes celui qu’ils ont dépeint comme le porte-voix d’un hebdomadaire « plusieurs fois condamné pour racisme et incitation à la haine » et aux couvertures « à charge contre l’audiovisuel public pendant la commission Alloncle », qui avait justement pointé le manque de pluralité dans l’audiovisuel public français.

« Ici la bête du Gévaudan. Voilà l’épilogue de trois longues semaines où mon nom, mon intégrité professionnelle, mes travaux et mon journal ont été diffamés dans un seul but : exclure du débat public la voix unique qui est la nôtre », a-t-il écrit dans un post aux allures de dépêche. « On ne peut que s’incliner devant cette brillante innovation démocratique : la censure préventive », a-t-il fustigé.