La France s’impose comme le premier pays européen et le deuxième mondial pour le montant des dividendes distribués au deuxième trimestre 2026. Ce classement a déclenché une vive polémique politique dans un contexte économique national morose. Manon Aubry a dénoncé ces versements comme un prélèvement sur le travail des salariés.
Un record européen et une controverse immédiate
D’après le rapport du gestionnaire d’actifs Janus Henderson, qui analyse les 1 500 plus grandes capitalisations boursières mondiales, les sociétés françaises ont distribué 70,4 milliards de dollars (environ 61 milliards d’euros) à leurs actionnaires.
Elles devancent l'Allemagne (51,3 milliards de dollars), l'Italie (17,5 milliards de dollars) et l'Espagne (13,2 milliards de dollars), et se placent juste derrière les États-Unis (177,2 milliards de dollars).
Parmi les contributeurs majeurs figurent le versement exceptionnel de Bolloré SE (4,2 milliards d’euros) et Sanofi, dont le dividende a progressé de 5,1 % grâce aux ventes de Dupixent. Sur X, Manon Aubry a réagi sans détour : « Les actionnaires sont nuisibles. 61 milliards pris du travail de centaines de milliers de salariés qui aujourd’hui peinent à se nourrir et subissent l’envolée du prix de l’essence. »
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a immédiatement répondu en soulignant qu’il existe « entre 4,5 et 5 millions d’actionnaires individuels en France, dont environ 3 millions sont des salariés actionnaires de leur propre entreprise ». Il a accusé l’eurodéputée d’utiliser un terme « que l’on emploie par exemple pour désigner des cafards » et de s’engager dans un « délire totalitaire ».
Manon Aubry a rétorqué sur le même réseau : « 1 % des foyers fiscaux déclarent 96 % des dividendes. […] Nous sommes le camp des travailleurs. Vous êtes le camp des milliardaires et des gros actionnaires. »
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte où les dividendes mondiaux ont progressé de 7,3 % pour atteindre 757,8 milliards de dollars, tandis que les rachats d’actions ont bondi de 26,8 %. Le fait que l'eurodéputée ait déjà, en août, qualifié les milliardaires de « nuisibles » témoigne d'une tension exacerbée dans le débat politique français, alors que La France insoumise entend proposer une politique fiscale très agressive.