Alors que l'agression américaine contre l’Iran continue de peser sur les cours du pétrole, les automobilistes français subissent une nouvelle hausse des tarifs à la pompe alors que le pétrole franchit les 100 dollars le baril pour la première fois depuis juillet.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a convoqué le 9 septembre les distributeurs pour examiner la situation et les marges, dans un contexte de records historiques depuis le début du conflit.
Des niveaux inédits depuis le début de la crise
Selon les données gouvernementales analysées par l’Agence Radio France, le gazole s’affiche en moyenne à 2,29 euros le litre ce mercredi, contre 2,27 euros samedi.
L'essence SP95-E10 atteint 2,12 euros et le SP98 2,21 euros. Ces niveaux n'avaient plus été observés depuis le déclenchement des frappes au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, alors que le baril de Brent frôle désormais les 100 dollars. Fin février, avant les premières opérations, les carburants tournaient autour de 1,72 euro le litre.
Le journaliste économique Éric Verhaeghe s’interroge : « À quoi ressemblera la France lorsque le prix de l'essence sera à 2,40 euros ? » et d’alerter : « Ce qui change par rapport à 2022 : l'État empruntait à 1 %, il emprunte à 4,1 %. La différence ne se verra pas à la pompe, elle se verra au Trésor ».
Face à cette pression, le gouvernement a prolongé le guichet « grands rouleurs » jusqu’à fin septembre pour les ménages modestes. Les aides aux secteurs exposés sont reconduites en septembre et octobre, hors transporteurs. Mais le syndicat Mobilians, par la voix de Francis Pousse, estime que « la seule solution, c’est un geste de l’État sur la taxation des produits ». De son côté, Michel-Édouard Leclerc appelle à un plafonnement des prix, jugeant que la situation « est dans les eaux maximales » et risque de peser sur la croissance.
Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, présent à la réunion, a souligné sur BFMTV des tarifs « vraiment très forts » et un « impact considérable » sur les Français mais s’oppose au plafonnement des prix, une mesure selon lui trop coûteuse.
TotalEnergies maintient encore un plafond à 1,99 euro pour le SP95-E10 et 2,25 euros pour le gazole dans ses stations. La réunion de Bercy doit permettre de faire le point sur l’approvisionnement et d’éventuelles pistes d’amélioration, alors que 6 % des stations connaissent encore des ruptures sur certains produits.