Face à la montée des critiques politiques et associatives, le chanteur a finalement renoncé, le 1er septembre, à sa tournée, s’en expliquant dans un long communiqué de presse publié sur ses réseaux sociaux.
Ses 35 dates prévues du 2 octobre au 21 novembre pour célébrer les 35 ans de son album « Alors regarde » sont donc annulées. Les réactions politiques et associatives ne se sont, une nouvelle fois, pas fait attendre.
Une tournée devenue symbole
Dans un long message publié sur Instagram, Patrick Bruel explique : « Si j’ai voulu jusqu’ici maintenir [cette tournée], ce n’était ni un défi, ni une provocation ».
Il ajoute avoir constaté qu’elle « est devenue autre chose. Elle est devenue l’incarnation d’un débat qui la dépasse ». « J’ai donc pris la décision d’annuler ces concerts », écrit-il, tout en précisant : « Cette décision ne signifie en aucun cas que je renonce à me défendre. […] Je fais le choix de l’apaisement ».
Depuis plusieurs semaines, des élus de villes concernées (Chartres, Rouen, Strasbourg, Dijon…) et des associations féministes réclamaient l’annulation. Le collectif NousToutes a salué « une énorme mobilisation féministe » et qualifié la tournée d’« indécente, une insulte envers les victimes ».
Le maire divers droite de Chartres, Ladislas Vergne, s’est félicité : « Chartres a ouvert la voie. Je suis fier que notre ville ait parlé avec clarté et contribué à cette décision responsable que je salue ».
Patrick Bruel, 67 ans, est mis en examen dans quatre dossiers, notamment pour viol et tentatives de viol, et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres. Il clame son innocence et assure : « Je ne suis pas l’homme que certains imaginent ou décrivent aujourd’hui. […] Je me battrai pour que mon innocence soit reconnue ».
La ministre de l’Egalité Homme Femme Aurore Bergé s’est également réjouit de cette décision « Je le redis avec clarté : écouter et respecter la parole des victimes est notre responsabilité ».
Le chanteur avait reçu de très rares soutiens parmi lesquelles celui du député Rassemblement national Julien Odoul qui a pris comme exemple l’affaire Ary Abittan, du nom d’un humoriste qui selon lui a subi de fausses accusations.
L’avocate de plusieurs plaignantes, Jade Dousselin, a exprimé un « grand soulagement » tout en dénonçant ce qu’elle considère comme des « errements » de la justice alors que pour l’heure le chanteur n’a toujours pas été condamné. Le nombre de plaintes le visant s’élève aujourd’hui à 32.