France

«Nous avons gagné grâce à eux» : de Villepin veut panthéoniser un tirailleur sénégalais

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a assuré le 30 août que sa première panthéonisation serait celle d’un ancien combattant africain. Il est notamment revenu sur le massacre de Thiaroye, perpétré par les troupes françaises, au cours duquel des tirailleurs ouest-africains, rentrant de détention et réclamant leur solde, avaient été abattus.

« Un tirailleur sénégalais ». Telle est la réponse de l’ancien Premier ministre français (2005 – 2007) Dominique de Villepin lors d’une interview sur la chaîne BFMTV le 30 août. Celui-ci était interrogé sur la première personne qu’il ferait entrer au Panthéon s’il était élu président de la République en 2027.

« Parce que j’aime bien que la France reconnaisse ses dettes », a-t-il ajouté et d’estimer que l’histoire de France est « faite de beaucoup d’ingratitude », tout en évoquant les « gestes » effectués par les différents présidents français depuis Jacques Chirac (1995 - 2007).

« La façon dont nous les avons traités, le massacre de Thiaroye, je n’oublie pas cela », a ajouté cet ex-chef de la diplomatie française (2002 – 2004), après avoir fait référence à la contribution faite par les contingents coloniaux lors des conflits mondiaux, et de renvoyer à un épisode douloureux de la colonisation française en Afrique de l'Ouest.

L’État français condamné

En décembre 1944, dans le camp de Thiaroye, près de Dakar, l'armée française avait abattu – à minima – plusieurs dizaines de tirailleurs originaires de pays ouest-africains rentrant de détention et qui réclamaient leur solde. Un « massacre », qu'avait reconnu, en novembre 2024, à l'approche du 80e anniversaire de ces événements, le président français Emmanuel Macron.

Des évènements, autour desquels de nombreuses zones d'ombre persistent, dont le traumatisme reste vif au Sénégal ainsi que dans les pays d'origine de ces soldats, tels que le Mali, la Côte d'Ivoire, la Guinée ainsi que le Burkina Faso.

Fin mars, le tribunal administratif de Paris avait condamné l’État français, estimant que les autorités françaises avaient « délivré plusieurs informations erronées » à la famille de l’un des soldats abattus ce jour-là, et n’avaient « pas mis en œuvre tous les moyens [...] à leur disposition pour faire la lumière sur les circonstances précises de sa mort ».