La question des droits de succession s'invite en force dans la campagne de 2027. Avec le vieillissement de la population, le transfert massif de patrimoine des « baby-boomers » vers les générations suivantes s'annonce considérable : 400 milliards d'euros par an aujourd'hui, jusqu'à 677 milliards en 2040 selon la Fondation Jean-Jaurès. Face à cet enjeu, les candidats se positionnent clairement. À gauche, on veut taxer davantage, à droite, on refuse toute hausse.
Un clivage gauche-droite assumé
Raphaël Glucksmann (Place publique), lui-même héritier d'une fortune de plusieurs millions d'euros en valeur, propose de « taxer les méga-héritages », les 1 % les plus gros, promettant que « 99 % des héritages ne seront pas affectés » et que la mesure rapporterait 15 milliards d'euros.
Une proposition rejetée par Aurore Bergé, ministre macroniste, qui estime cette priorité fiscale « décalée face aux attentes des Français ».
De son côté, Édouard Philippe (Horizons) veut au contraire faciliter les donations anticipées et relever massivement les plafonds. Gabriel Attal (Renaissance) souhaite que l'argent « circule plus rapidement » vers les petits-enfants.
Les Écologistes de Marine Tondelier veulent une contribution de 10 % au-delà de 4 millions d'euros, plus 10 % au-delà de 13 millions, et un rabotage du pacte Dutreil, mécanisme épinglé par la Cour des comptes sous la présidence du socialiste Pierre Moscovici. « La "grande transmission" doit financer la "grande transition" », a-t-elle affirmé.
La France insoumise va plus loin : « prendre tout » au-dessus de 12 millions d'euros, selon Mathilde Panot.
Même la CFDT, par la voix de Marylise Léon, plaide pour taxer « dès le premier euro » au nom de la justice sociale.
À l'opposé, Bruno Retailleau (LR) martèle : « Je ne serai pas le président qui augmentera les droits de succession mais celui qui les baissera ».
Le RN propose d'exonérer les familles modestes et moyennes, avec un abattement immobilier à 300 000 euros. Aujourd'hui, les deux tiers des successions échappent déjà à tout droit, mais le sujet demeure explosif électoralement et promet de marquer la campagne.