L'eurodéputé et leader de Place publique a mis fin au petit suspense en annonçant officiellement sa volonté de briguer l'Élysée et de passer par la primaire sociale-démocrate organisée en octobre.
Une primaire pour s'imposer à gauche
« Je suis candidat pour relever la France. Je ne prends pas cette décision à la légère, surtout dans le moment que nous sommes en train de traverser », a déclaré Raphaël Glucksmann dimanche au « 20 Heures » de TF1, alors que l'information avait déjà fuité quelques jours plus tôt.
Sur X, il a immédiatement renchéri : « Je suis candidat à l'élection présidentielle. Mon premier combat : rebâtir une société qui valorise le travail plutôt que la rente et l'héritage ».
L'essayiste, qui s'était donné trois mois pour « sillonner le pays » et « réunir sa famille politique », se soumet désormais à un examen fermé réservé aux adhérents du PS et de Place publique. Un processus laborieux qui pourrait lui être favorable face à Philippe Brun, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et, éventuellement, Olivier Faure.
En avançant son annonce avant l'université d'été du PS à Blois et le débat du Medef, le candidat dicte le tempo. Il assume l'affrontement avec Jean-Luc Mélenchon, rejetant toute alliance avec LFI : « Il n'y aura plus jamais d'accord » en cas de victoire à la primaire.
Dès lundi, l'ancien patron des Écologistes, Yannick Jadot, lui a apporté son soutien « sans hésitation », se disant convaincu qu'il est « le candidat le mieux placé » pour réconcilier justice sociale, écologie et Europe.
C'est un des rares soutiens d'importance qu'a reçu le néo-candidat après des figures comme la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, l'ancienne ministre, Laurence Rossignol, ou le maire de Montpellier, Michaël Delafosse.
Le soutien total des Verts, très divisés, n'est cependant pas acquis comme en témoigne le passage de Sandrine Rousseau sur France Télévisions le 24 août en matinée. La sulfureuse députée a ainsi affirmé : « Je fais un travail au sein de mon parti pour qu'il y ait un vote qui aboutisse à une alliance avec LFI ».
Glucksmann entend pour sa part se poser en artisan d'une « refondation » de la gauche modérée, capable de répondre à l'urgence écologique et de faire barrage au RN sans travailler pour autant avec LFI, avec qui il avait néanmoins formé des alliances par le passé.
Sa compagne, Léa Salamé, a de son côté annoncé son départ du journal de France 2 pour éviter des accusations de collusion.