L'ancien Premier ministre, candidat Renaissance à la présidentielle, propose de soumettre directement au peuple un nouveau dispositif d'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.
Ce recours au référendum intervient après le désaveu des Sages, qui ont censuré la loi votée le 21 juillet, au moment même où Emmanuel Macron et le gouvernement multipliaient les messages de satisfaction.
Un désaveu cinglant après les fanfaronnades
Dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche, Gabriel Attal estime qu'« une course contre la montre a commencé ». « Si l'on repartait de zéro avec une nouvelle procédure législative, il faudrait probablement jusqu'à deux ans pour que l'interdiction entre en vigueur. C'est 1,5 million d'enfants que nous laisserions, chaque jour, pendant 1 h 47 en moyenne, dans les griffes des algorithmes », écrit-il. L'ancien ministre, qui n'a lui-même pas d'enfants, avait affirmé après le rejet du texte par le Conseil constitutionnel : « Notre devoir est cependant clair : tout faire, continuer à nous battre pour protéger notre jeunesse face à ce qui s'annonce comme l'épidémie du siècle : l'addiction des plus jeunes aux réseaux sociaux ».
Il plaide pour un référendum au titre de l'article 11 de la Constitution, jugeant qu'une telle mesure relève de « la politique sociale » de la Nation. « Cela fait vingt et un ans que les Français n'ont pas été consultés », insiste-t-il directement. Et en effet, malgré de multiples annonces, Emmanuel Macron n'a jamais eu recours au référendum, tandis que la dernière consultation de ce type date de la Constitution européenne, que les Français avaient rejetée avant de voir le texte revenir via le traité de Lisbonne quelques années plus tard.
Ce plaidoyer fait suite à la décision du 14 août du Conseil constitutionnel. Les Sages ont souligné que l'interdiction générale « porte une atteinte qui n'est pas adaptée, nécessaire et proportionnée » à la liberté d'expression et de communication des mineurs.
Ils ont également souligné l'absence de garanties suffisantes pour le respect de la vie privée, puisque la vérification d'âge s'impose à tous les utilisateurs. Le texte, censé entrer en vigueur le 1er septembre, ne s'appliquera pas.
Or, avant cette censure, l'exécutif s'était largement félicité sur les réseaux sociaux eux-mêmes. Emmanuel Macron avait fait de cette interdiction un symbole de fin de mandat, saluant une « première en Europe ». Gabriel Attal et plusieurs ministres avaient multiplié les posts triomphants après l'adoption parlementaire. Sur X, le député Louis Boyard (LFI) a salué une « victoire » face à une loi jugée trop large, tandis que le socialiste Arthur Delaporte a dénoncé « une loi écrite dans la précipitation ».
Dès l'annonce de la censure, le chef de l'État a chargé Sébastien Lecornu de proposer une rédaction « juridiquement robuste », avec l'objectif d'aboutir d'ici au printemps 2027.
Attal, très impliqué dans le texte initial, tente ainsi de reprendre la main alors que son duel avec Edouard Philippe pour une candidature centriste pour 2027 semble tourner à l'avantage du maire du Havre.