Lundi 17 août en milieu de matinée, le chef du gouvernement a été accueilli par une vague de protestations au Porge, commune la plus durement frappée par le mégafeu de juillet.
Dans le même temps, l'incendie landais, qui a brûlé 1 700 hectares, était déclaré fixé, permettant à une partie des riverains de regagner leur domicile.
Une visite sous tension face à la défiance
Devant la mairie du Porge, où 183 maisons ont été réduites en cendres, près de 200 personnes vêtues de noir ont hué et tapé des mains à l'approche de la voiture officielle. « Honteux ! Honteux ! » se sont écriés les habitants et proches venus accueillir le ministre.
Six ministres accompagnent Sébastien Lecornu lors de son déplacement en Gironde. Une absence notable, cependant : celle de Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique qui avait renoncé à sa démission au début de l'été et a suscité la polémique en refusant de quitter sa villa lors des incendies.
Certains avaient installé une chaise vide symbolisant l'absence de dialogue. « C'est vraiment nous prendre pour quantité négligeable », a déclaré Tony Veiga, retraité dont la famille a tout perdu. Ludivine Daurignac, du collectif de sinistrés, a regretté de ne pouvoir interpeller le Premier ministre : « On attend des actions concrètes [...] on est beaucoup à avoir tout perdu ».
Beaucoup estiment que les autorités ont privilégié la protection du Cap-Ferret au détriment de leur village, et reprochent à Sébastien Lecornu d'avoir déjà effectué une visite discrètement la veille, sans caméras ni contact avec les habitants.
Le Premier ministre devait ensuite se rendre à Mérignac pour une table ronde sur la reconstruction, accompagné de plusieurs ministres. Les élus locaux, comme le président socialiste du département, Jean-Luc Gleyze, jugent la colère « compréhensible » et réclament notamment une base de moyens aériens dans le massif, promesse datant de 2022.
Parallèlement, en fin de matinée, la secrétaire générale de la préfecture des Landes, Stéphanie Monteuil, a confirmé que le feu de Luglon était « fixé » après une nuit favorable. « Le feu n'a pas progressé », a-t-elle précisé, tout en rappelant que « feu fixé ne veut pas dire feu éteint ».
Après le retour d'une cinquantaine d'habitants à Garein dimanche soir, 250 personnes de Luglon ont été autorisées à rentrer, sur un total de 650 évacués. Aucune victime n'est à déplorer.
La fréquentation touristique en Gironde a diminué de moitié depuis fin juillet, selon le Medef et la CCI, pesant lourdement sur l'économie locale.