France

La cyber-attaque «la plus critique que la France ait connue» : des contribuables potentiellement en danger après le piratage du fisc

Un mois après s’en être pris à un serveur de données cadastrales, un hacker a revendiqué une attaque contre le système d’information du fisc. Elle serait, selon d’autres hackers, bien plus inquiétante que celles jusqu’ici subies par des organismes d’État, en raison de la nature exhaustive des données détenues par l’administration fiscale.

Après l'Agence nationale des titres sécurisés, Bloctel, ou encore France Travail et l’URSSAF, c’est au tour du service des impôts d’être victime d’une cyber-attaque en France. Un piratage à la suite duquel le parquet de Paris a ouvert une enquête, a rapporté ce 15 août la chaîne BFMTV, citant le ministère public.

« Mercredi 12 et jeudi 13 août 2026, un acteur malveillant a revendiqué des accès illégitimes au système d'information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), intervenus en juin et juillet 2026, reposant sur des usurpations d'identifiants d'un agent de la DGFIP et d'un tiers habilité », avait annoncé Bercy dans un communiqué en date du 14 août. Un piratage, survenu plusieurs semaines plus tôt, et qui selon le ministère français concernerait « 678 000 particuliers et professionnels ».

Fin juillet, dans une autre cyberattaque revendiquée par le même pirate – connu sous le pseudonyme ZeroBytes –, c’est le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC) de la DGFiP qui avait été ciblé. Ce seraient ainsi pas moins de « deux millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France » qui seraient concernés par cette cyberattaque, a déclaré à l’AFP le site spécialisé French Breaches.

« C’est un peu n’importe quoi […] il n’y a rien qui est fait pour éviter ça »

« Toutes les informations que le fisc a sur nous, on peut les retrouver dans ce document, que cela soit notre identifiant, notre état-civil, notre adresse, notre revenu fiscal de référence, nos parts », a détaillé le hacker éthique et expert en cybersécurité Centho auprès de BFMTV.

« On a quand même un gros problème de sécurité dans ce pays, malheureusement, sur notre vie privée et nos données », a-t-il regretté, rappelant le piratage de FICOBA, le fichier recensant tous les détenteurs de comptes bancaires et de coffres-forts en France. « À un moment donné, c’est un peu n’importe quoi ce qui est en train de se passer : il n’y a rien qui est fait pour éviter ça, finalement. »

« Les données sont déjà en vente », a déclaré à la chaîne d’informations Clément Domingo, un autre hacker éthique, évoquant « plusieurs propositions » qui auraient déjà été formulées auprès du voleur de ces informations et oscillant « autour de 50 000 […] jusqu’à 120 000 euros ».

Selon lui, il s’agit d’une cyber-attaque « sans précédent » et « la plus critique que la France ait connue ». Et d'évoquer le « dernier bastion » que l’administration fiscale peut représenter dans un pays comme la France détenant sur les contribuables « absolument toutes les informations les plus sensibles ».

« Il faut aussi dire que, potentiellement, ce sont des gens qui sont aujourd’hui exposés : qui pourraient être kidnappés […] séquestrés, cambriolés », a-t-il alerté, renvoyant à un constat également dressé par Centho. Avant d’évoquer notamment l’ordre d’idée que le simple « revenu de référence » peut offrir à des individus mal intentionnés concernant le niveau de richesse d’un contribuable, dans un pays déjà particulièrement concerné par le fléau des enlèvements et agressions visant des détenteurs de crypto-monnaies.