Les syndicats de sapeurs-pompiers professionnels ressortent « très déçus » de leur entretien avec le ministre de l'Intérieur et préparent une forte mobilisation à la fin du mois de septembre pour obtenir davantage de moyens.
Reçus jeudi 13 août place Beauvau par Laurent Nuñez, les responsables des neuf syndicats représentatifs des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) ont quitté le ministère sans obtenir les engagements qu'ils espéraient.
« Le ministre n'est pas au rendez-vous, nous n'avons pas eu de réponses concrètes », a regretté Xavier Boy, porte-parole de l'intersyndicale.
Au sortir du rendez-vous à Beauvau, les responsables ont dénoncé : « Nous sommes très déçus […] la patience a ses limites ».
Dans un contexte d'été marqué par des feux de forêt d'ampleur exceptionnelle – environ 120 000 hectares parcourus par les flammes –, les soldats du feu, à bout de souffle, dénoncent des anomalies, des moyens à la traîne et des équipements vieillissants.
« On ne veut pas être qualifié de héros, on veut qu'on nous donne des moyens. Les feux de forêt cet été […] ont démontré qu'on va droit dans le mur », a lancé Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC. Anthony Cheauvau, secrétaire général de l'UNSA Pompiers 37, s'est indigné sur Sud Radio : « Si nous n'augmentons pas les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels, les réponses opérationnelles vont continuer à se dégrader. »
L'intersyndicale souligne que les interventions augmentent depuis des années tandis que les moyens ne suivent pas, parlant d'un « système arrivé à saturation ».
De son côté, Laurent Nuñez a promis la présentation d'un projet de loi de modernisation de la sécurité civile « début septembre » et des avancées sur le financement des SDIS dès le projet de loi de finances 2027.
Mais ces perspectives n'ont pas apaisé les syndicats, qui exigent notamment un recrutement massif de professionnels (ils sont environ 44 000 aujourd'hui) et le renforcement des équipements de protection.
En conséquence, l'intersyndicale a annoncé une « mobilisation intensive » : une manifestation statique les 26, 27 et 28 septembre place de la République à Paris, baptisée « colonnes de la révolte », avant de rejoindre la journée d'action de la fonction publique le 29 septembre. « Le temps des constats est passé, le temps des décisions doit commencer », ont prévenu les représentants syndicaux, très remontés, tandis que la profession est très largement soutenue par l'opinion publique en France.