France

Sébastien Lecornu tente de justifier la hausse du chômage : «jamais autant de Français n’ont travaillé»

Face au taux de chômage à 8,3%, son plus haut depuis 2020, le Premier ministre invoque un effet mécanique de la loi Plein-emploi et défend le bilan macroniste en assurant que jamais autant de Français n'ont travaillé.

Sébastien Lecornu est monté au créneau le 10 août sur le réseau social X après la publication des données de l'Insee. Le taux de chômage a grimpé de 0,2 point au deuxième trimestre 2026 pour atteindre 8,3 %, son niveau le plus élevé depuis l'automne 2020.

« Pas de déni face à la hausse du chômage. Mais pas de caricature non plus », a-t-il écrit. « Plus de 2 millions d'emplois ont été créés depuis 2017. Jamais autant de Français n'ont travaillé. »

Le Premier ministre a mis en avant l'effet de la loi Plein-emploi, appliquée depuis janvier 2025, qui intègre désormais les bénéficiaires du RSA et certains jeunes suivis par France Travail. Selon l'Insee, ces personnes contribuent pour près de la moitié de la hausse.

« Je préfère une politique qui les accompagne vers l'emploi à une statistique qui les laissait de côté jusqu'à maintenant », a-t-il ajouté, en reprise des arguments du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

Sans cet effet, le taux resterait sous les 8 %, insiste l'exécutif. Pourtant, la hausse touche toutes les tranches d'âge, et particulièrement les jeunes : 21,6 % chez les 15-24 ans. Édouard Philippe a de son côté souligné sur X que « les derniers chiffres du chômage ne sont pas bons » et que baisser le chômage « est une simple affaire de détermination, de cohérence et de bon sens », revendiquant son bilan 2017-2020.

Dans un contexte de campagne présidentielle, la première attaque contre l'exécutif est ainsi venue de la majorité. Bruno Retailleau a quant à lui dressé un bilan sévère : « en dix ans, les Français n'ont vu augmenter que trois choses : leurs impôts, le nombre de fonctionnaires et le chômage ».

Sur Europe 1, l'économiste Marc Touati a de son côté averti : « en intégrant toutes les catégories, le taux de chômage réel en France frôle les 16,9 % ».

L'économiste Éric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), note lui que « tous les chiffres sont mauvais » et que les bons résultats passés reposaient en partie sur les aides à l'apprentissage, désormais réduites.

L'objectif de plein-emploi à 5 % d'ici 2027 s'éloigne, alors que le chômage devrait encore progresser, la Banque de France ayant revu ses prévisions de croissance à la baisse au début de l'été.