France

Les écologistes accusent l’État d’«impréparation» face aux feux de forêts

Marine Tondelier dénonce «la responsabilité lourde de l’État» dans les incendies qui ravagent la Gironde et pointe l’impréparation gouvernementale face au dérèglement climatique. Un «contrefeu» pour les écologistes dont la gestion de la nature est également très critiquée.

Face aux mégafeux qui consument des milliers d’hectares en Gironde et à l’approche d’une nouvelle canicule, la secrétaire nationale des Écologistes et candidate à la présidentielle hausse le ton contre l’exécutif.

« Une responsabilité lourde de l’État »

« Il y a une responsabilité lourde de l’État », a affirmé Marine Tondelier le 27 juillet.

Lors d’une conférence de presse et d’interventions médiatiques, elle a dénoncé l’« impréparation » du gouvernement dans la lutte contre les incendies et les effets du changement climatique.

Sur le terrain, à Poitiers quelques jours plus tôt, la fumée des feux girondins était visible dans le ciel poitevin. « Les canicules et les incendies se sont invités pendant mon tour de France. Nous pouvons mesurer à quel point nous ne sommes pas adaptés à la situation », avait déclaré la dirigeante écologiste, les pieds dans le lit presque asséché du Clain. Le 26 juillet dans une vidéo elle se disait « en colère », dénigrant la campagne gouvernementale contre « l’éco anxiété »

Elle plaide par ailleurs pour un grand plan d’adaptation doté de 7 milliards d’euros supplémentaires par an jusqu’en 2032.

Marine Tondelier a appelé Emmanuel Macron à « réunir les forces politiques de ce pays » pour un point sur la situation climatique, les incendies et la vague de chaleur à venir. Elle regrette notamment que le « Beauvau de la sécurité civile » de 2025 n’ait pas abouti à une loi concrète et que le projet de centre de sécurité en Gironde, annoncé après les feux de 2022, ait été annulé.

Les Écologistes réclament un « État-providence climatique » : congé climatique, soutien renforcé aux agriculteurs, adaptation du droit du travail lors des canicules et prise en charge des dommages (logements fissurés, récoltes perdues).

Mais les écologistes et leur programme sont également mis en cause dans la propagation des feux. Ainsi, leurs détracteurs estiment qu’ils ont une part de responsabilisé en s’opposant à la création de coupe-feux.

Le parti rejoint en revanche les autres oppositions sur le manque de Canadair et les retards dans la livraison de camions-citernes.

La sénatrice girondine Monique de Marco, évacuée elle-même, a dénoncé un « cafouillage » dans la distribution de masques FFP2 face aux fumées toxiques. À travers ces prises de parole, les Écologistes tentent d’exister un peu dans une séquence politique sensible alors que la candidature de Marine Tondelier ne suscite pas l’enthousiasme de l’opinion.