Selon ce sondage publié le 16 juillet, une majorité de sympathisants Renaissance estime que Sébastien Lecornu ferait un meilleur candidat à la présidentielle que ses rivaux du camp central.
Il devance Édouard Philippe à 57 % et Gabriel Attal à 59 % et pourrait s’avérer être un sérieux concurrent pour Bruno Retailleau.
Un recours inattendu au sein du bloc macroniste
Cette préférence marque un désaveu relatif des deux figures les plus en vue du centre. Les électeurs macronistes semblent chercher une alternative face à un « très faible enthousiasme » général pour les candidats déclarés, comme le note l’institut Odoxa.
À l’échelle nationale, Lecornu ne convainc que 22 % des Français comme bon candidat, mais son image de compétence et de discrétion séduit particulièrement son camp.
Sur X, le compte très actif de Jon De Lorraine parle de « coup dur pour Gabriel Attal » tandis qu’au centre gauche, on relativise la montée en puissance de cet ancien LR en affirmant : « C’est de la politique fiction : tant qu’il n’est pas candidat il est plébiscité ».
En effet, le Premier ministre n’est pas encore candidat et n’est pas pressé de se lancer dans la bataille. Il dispose cependant d’un positionnement stratégique. Ex-LR, il peut être un adversaire potentiellement très compliqué pour Bruno Retailleau, en jouant la carte conservateur-compatible avec son étiquetage « moine soldat » néanmoins entaché par son manque d’engagement contre la loi euthanasie.
Préparation discrète et stature internationale
Tout en répétant que la présidentielle « n’est pas à (son) agenda », le Premier ministre multiplie les signes. Ses déplacements en province se sont intensifiés depuis le printemps, avec des apparitions plus politiques. Il a notamment effectué un voyage remarqué au Maroc, participant à une Réunion de Haut Niveau et promettant un « traité d’amitié hors normes » avec Rabat, marchant ainsi sur les plates-bandes de Retailleau qui pousse pour un éloignement vis-à-vis d’Alger.
Un déplacement qui lui permet d’endosser une dimension internationale, loin des querelles partisanes hexagonales. « J’ai plein de choses à dire », avait-il lâché aux Rencontres économiques d’Aix, évoquant souveraineté, IA et répartition des richesses. Des proches le décrivent comme une « force tranquille », soulignant son sens du travail et du détail. Il n’en reste pas moins un héritier, peut-être le dernier, du président Macron et c’est ce qui sera le plus difficile à faire oublier.
Sans jamais se déclarer, Lecornu tisse patiemment sa toile, prêt à incarner le recours du centre si l’alignement des planètes le permet.