L’annonce de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle provoque un vif débat dans la classe politique française.
Quelques heures après le verdict de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée a confirmé sa quatrième candidature. L'immense majorité des personnalités politiques du pays a commenté cette annonce.
Soutiens internes et alliés mobilisés
Au sein du RN, le soutien est massif. Jordan Bardella, présenté comme futur Premier ministre, incarne avec elle, selon ses propres mots un « binôme complémentaire, équilibré, cohérent et solide ».
Julien Sanchez, directeur de campagne, a défendu sur RTL une Marine Le Pen « justiciable comme les autres » qui utilise « toutes les voies de droit » : « Quand on vous accuse de quelque chose que vous n’avez pas commis, vous ne vous laissez pas salir ».
Les alliés renchérissent. Jean-Philippe Tanguy (RN) a insisté sur le fait qu’elle n’est pas « condamnée définitivement » et que « l’éthique, c’est accepter l’État de droit, mais ce n’est pas accepter l’injustice », ajoutant : « Candidate jusqu'au bout ».
Le député Ciotti du parti UDR Charles Alloncle s’est également réjoui de cette décision, évoquant une « grande victoire pour la démocratie ». Marion Maréchal, présidente du micro parti Identité-Libertés, s’est réjouie, affirmant : « Elle est la candidate naturelle de la coalition du camp national ».
Opposition virulente des autres partis
À gauche et au centre, les critiques fusent sur la moralité et l’exemplarité.
Marine Tondelier (Écologistes) évoque une « privilégiée ». Manon Aubry, eurodéputé LFI s’indigne : « Le RN est entré en politique avec le slogan “tête haute, mains propres”, ils en sortent “tête basse, mains sales” ».
Édouard Philippe, plus mesuré, rappelle qu’elle devra « expliquer » son choix aux Français qui « trancheront »
Gabriel Attal dénonce, pour sa part, une « prise en otage de toute la campagne présidentielle » et une « dimension morale » problématique pour une candidate « condamnée à deux reprises ».
Une prise de position qui a été vivement critiquée par l’avocat Philippe Prigeant : « Le pourvoi en cassation signifie que la présomption d’innocence vaut encore. Très inquiétant de voir un candidat à l’élection présidentielle et un ancien Premier ministre nier l’un des principes fondamentaux de l’État de droit ».
La stratégie du pourvoi en cassation, suspensif, permet à Marine Le Pen de lancer la campagne sans bracelet immédiat, mais expose le RN à une chronique judiciaire permanente jusqu’en 2027. Soutiens comme adversaires s’accordent sur un point : le scrutin tranchera, dans un climat de défiance accrue envers les institutions politiques et judiciaires.