Réélu à la tête du Parti communiste français, Fabien Roussel se projette déjà vers la présidentielle de 2027. Malgré les divisions de la gauche, son faible score en 2022 et la dynamique favorable à Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, le secrétaire national du PCF défend une stratégie d’autonomie et refuse de s’effacer derrière La France insoumise.
Fabien Roussel a été reconduit sans surprise à la tête du PCF, dimanche 5 juillet à Lille, avec 70,1 % des voix des congressistes. « J’ai exprimé le fait que j’étais disponible et candidat pour participer à cette élection et il n’y en a pas d’autre », a-t-il déclaré, estimant le chemin parcouru à « 85 % ». L’officialisation de sa candidature doit intervenir le 6 septembre, après un vote des militants.
Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a défendu une ligne offensive : nationalisation de TotalEnergies, « combat de classes » pour le pouvoir d’achat, nouvelle ambition industrielle et agricole. Il a également promis de porter la voix de la Palestine, entonnant « Free Palestine » devant les militants communistes.
Cette décision intervient alors que Jean-Luc Mélenchon domine les intentions de vote à gauche. « Cette nouvelle candidature communiste me déçoit », a réagi le leader insoumis sur France 3. « Qu’ai-je fait depuis 2017 qui me vaille une telle opprobre ? »
Fabien Roussel assume la division. « Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention », a-t-il affirmé dans L’Humanité. Selon lui, le problème de la gauche tient moins à sa division qu’à « sa faiblesse », puisqu’elle ne pèserait qu’environ 30 % dans le pays.
Au sein même du parti, certaines voix expriment toutefois leurs réserves. Le chef de file des députés communistes, Stéphane Peu, plaide pour un accord avec LFI afin de préserver des circonscriptions législatives. Lors du Congrès, il a mis en avant les « 90 % de votes communs » avec les autres partis de gauche à l’Assemblée nationale. Une « clause de revoyure » a néanmoins été rejetée par les militants.
En 2022, Fabien Roussel n’avait recueilli que 2,28 % des voix, raflant les quelques centaines de milliers de voix qui ont manqué à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour. Mais réélu confortablement à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux, il mise sur une imagerie populaire et un discours ancré dans la classe ouvrière pour exister dans une campagne déjà lancée.