Un an après le méga-incendie du massif des Corbières, le sud de la France affronte un nouveau feu d’ampleur. Parti d’Oupia, dans l’Hérault, l’incendie s’est rapidement propagé vers l’Aude, porté par des vents violents et une végétation extrêmement sèche.
Dans la soirée, près de 800 à 900 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes, selon les points de situation des préfectures. La préfecture de l’Aude indiquait que le feu était « contenu par moments », tout en précisant qu’il n’était « pas maîtrisé ».
Les secours interviennent dans un terrain vallonné et difficile d’accès, nécessitant l’appui de bulldozers. Le maire de Sainte-Valière a expliqué que l’incendie s’était déplacé très vite, la tempête Nils ayant couché de nombreux végétaux, devenus autant de carburant pour les flammes.
Entre 550 et 800 pompiers sont mobilisés dans les deux départements, avec des renforts venus du Tarn et du Gard. Une trentaine de gendarmes participent également aux opérations. Dans les airs, quatre Canadairs, deux Dash et un hélicoptère bombardier d’eau multiplient les largages.
Plusieurs routes départementales ont été coupées, tandis qu’un épais panache de fumée reste visible à plusieurs kilomètres. « C’est allé à une vitesse énorme, impressionnante », a témoigné le maire de Pouzols sur BFMTV, saluant la solidarité entre les communes touchées.
Entre 150 et 200 personnes ont été évacuées à titre préventif à Pouzols-Minervois et Mailhac. Le sous-préfet a indiqué que le feu à Pouzols-Minervois n’était « ni sous contrôle ni fixé », confirmant la prudence des autorités face au risque de reprises.
Dans la région, le souvenir de l’incendie des Corbières reste vif. Sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants évoquent un traumatisme encore récent. D’autres départements du sud ont également été touchés par des feux simultanés, notamment le Var, à Fréjus, ainsi que les Bouches-du-Rhône, à Rognac et Lançon-Provence, où des évacuations ont été menées et des bâtiments touchés.
Six départements restent placés en vigilance rouge pour un risque « très élevé » d’incendie. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé à la « responsabilité de chacun », rappelant que neuf feux sur dix sont d’origine humaine. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présider une cellule de crise à Marseille consacrée à la canicule et aux incendies, alors qu’un nouvel épisode de chaleur se profile et que le manque de Canadairs continue de peser sur les capacités d’intervention.