Dans la droite ligne de sa croisade contre les jets privés dans le ciel français, le parti mélenchoniste s’en prend désormais aux yachts « de plus de 50 mètres ». Présentés comme des « bombes climatiques » par le député insoumis Thomas Portes, ces navires sont visés par une proposition de loi déposée dans un contexte marqué, selon lui, par « l’inaction climatique » et par des « épisodes caniculaires de plus en plus puissants ».
Accusant les propriétaires de ces navires de faire « du séparatisme de riches », le député de Seine-Saint-Denis a annoncé le dépôt d’une proposition de loi visant « à interdire l’usage de super-yachts, qui sont aujourd’hui utilisés par des criminels climatiques, qui ont pour conséquence une émission de gaz à effet de serre absolument abyssale ». « Si on prend les 300 plus grands yachts, c’est 280 000 tonnes de CO2 par an, soit autant que certains pays, dont les Tonga », a notamment avancé Thomas Portes, prenant comme référence un archipel polynésien figurant parmi les territoires les moins peuplés de la planète.
L’élu insoumis a également pointé du doigt les « peintures utilisées pour peindre ces yachts, qui se déversent dans les eaux », ainsi que « la destruction des fonds marins » qu’occasionneraient ces navires de plaisance haut de gamme.
Dans la pratique, le texte demande « l’interdiction de circulation, mais aussi de stationnement dans les ports » français de ces navires, a précisé l’Insoumis, dont le parti a reçu en début de semaine le soutien des trotskistes du NPA-L’Anticapitaliste pour la présidentielle de 2027.
« Une saisie immédiate du bateau »
« En cas de non-respect, il y aura des amendes », a prévenu l’élu, avant de préciser que ces dernières iraient « de 1 à 15 % de la valeur du bateau ». Le tout, a-t-il poursuivi, accompagné d’« une injonction à quitter le territoire et, en cas de non-respect, une saisie immédiate du bateau ». Le navire ainsi soustrait à son propriétaire par la force publique « pourra être réutilisé pour des activités qui seront bien plus utiles à l’intérêt général », a estimé Thomas Portes.
« On ne peut pas avoir une minorité qui continue à se comporter de manière dangereuse, qui met en danger des millions de personnes à travers le monde », a fustigé le député, à l’heure où l’on demande « à toutes celles et ceux qui vivent dans notre pays » d’opter pour « des comportements responsables » et « de s’adapter ».