« L’immigration n’est pas une chance ». Dans un entretien publié ce 1er juillet sur le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le président des Républicains (LR) et candidat à la présidence française, Bruno Retailleau, a durci le ton sur la thématique migratoire, tant à l’encontre des arrivées légales qu’illégales.
« C’est une question de nombre, pas de statut », a-t-il assuré, y voyant une « distinction totalement dépassée » et estimant qu’« aujourd’hui, l’immigration légale fabrique des illégaux », notamment via le dévoiement des titres de séjour courts. Au passage, l’ancien ministre de l’Intérieur (2024-2025) a fustigé les « discours faussement fermes » des candidats du « bloc central » sur ce sujet, les estimant « totalement hors-sol ».
« Sur le droit du sol, je suis pour sa suppression », a-t-il affirmé, estimant que la « contrepartie » de l'attribution de la nationalité à toute personne née en France était « l'assimilation », qui, à ses yeux, « ne fonctionne plus ».
« L'avenir de l'Afrique n'est pas en Europe, mais sur le continent africain »
Sur cette lancée, Bruno Retailleau s'est également engagé, en cas d’accession au pouvoir, à « réduire drastiquement » le regroupement familial. « De même, je mettrai fin aux aides automatiques pour les étrangers qui arrivent en France », a ajouté le sénateur de la Vendée, précisant qu’« il faudra attendre cinq ans de présence légale et de travail pour pouvoir en bénéficier ».
Le patron des LR s’est également adonné à une charge contre le gouvernement espagnol du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui a entrepris de régulariser 500 000 clandestins, assurant qu’il s’attellerait à tenter de « changer les règles européennes afin que les visas territorialisés » soient « limités au pays dans lequel ils sont délivrés ».
« L'avenir de l'Afrique n'est pas en Europe, mais sur le continent africain », a-t-il encore affirmé, excluant notamment que « le changement climatique serve de prétexte à un changement de civilisation ».
Régulièrement dépeint dans la presse comme cherchant à « séduire » l’électorat du Rassemblement national, Bruno Retailleau assure que c’est parce qu’il « respecte les électeurs du Rassemblement national » qu’il « refuse de leur faire des promesses démagogiques ». En face, le parti de Jordan Bardella lui tient rigueur de la hausse de 11 % du nombre de titres de séjour délivrés lors de son passage place Beauvau, évoquant un « record absolu ».