Lundi 29 juin, vers 21 heures, une violente déflagration a retenti dans un immeuble situé rue du Révérend Père Louis Frolla, à Monaco, près de la frontière française.
Selon les autorités, un individu a déposé un sac contenant un engin explosif, vraisemblablement garni de boulons et de grenaille, avant de prendre la fuite.
Un oligarque ukrainien au parcours controversé au cœur de l’affaire
Vadim Ermolaev, 58 ans, figure parmi les grandes fortunes ukrainiennes, classé 23e par Forbes en 2022 avec une fortune estimée à environ 300 millions de dollars. Originaire de Dniepropetrovsk, il a bâti son empire via le groupe Alef, dans l’immobilier, la promotion, l’agroalimentaire et la production de spiritueux, notamment le vin. Il a renoncé à la nationalité ukrainienne en 2019 pour obtenir un passeport chypriote, invoquant un système judiciaire et fiscal « loin d’être parfait ».
Résidant à Monaco, il a fait l’objet de sanctions de Kiev en décembre 2023, liées à la poursuite présumée d’activités économiques en Crimée après 2014, notamment dans le négoce d’alcool.
Des soupçons de blanchiment ont également entouré sa participation à Versobank en Estonie, dont l’agrément a été suspendu en 2018 par la Banque centrale européenne pour « violations systémiques ». L’explosion a touché Ermolaev, son épouse et leur fils de 13 ans. Les deux adultes ont été hospitalisés en urgence absolue à Nice, le jeune adolescent en urgence relative.
Quatre autres personnes ont été prises en charge pour des blessures légères ou un choc. Le prince Albert II a condamné « un crime odieux » et un « choc pour toute la communauté monégasque », réaffirmant la détermination de Monaco face à la violence.
Le ministre d’État Christophe Mirmand a qualifié les faits de : « vraisemblablement un attentat », première occurrence de ce type dans la principauté. Un important dispositif de sécurité a été déployé, avec une coopération franco-monégasque pour traquer le suspect, aperçu sur des vidéosurveillances à Beausoleil.
Les enquêteurs restent prudents sur le mobile, tandis que la traque se poursuit. Cet événement inédit interroge la sécurité d’un micro-État réputé ultra-sécurisé et met en lumière les zones d’ombre entourant certains milieux d’affaires ukrainiens, marqués par des scandales de corruption et des rivalités persistantes.