France

Euthanasie en France : les opposants jettent leurs dernières armes dans la bataille

Malgré la canicule, des milliers de Français se sont mobilisés le 28 juin en fin d’après-midi à Paris pour s’opposer à l’euthanasie et «défendre la vie». Une manifestation qui précède la dernière ligne droite du texte «fin de vie».

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à voter le 30 juin en troisième lecture sur le texte « fin de vie », légalisant l’euthanasie en France, les défenseurs de la vie ont fait entendre leur voix avec détermination à Paris dans un contexte de canicule et alors que la partie semble jouée au niveau parlementaire.

Un sursaut face à la « culture de mort »

Dimanche 28 juin, place de Fontenoy à Paris, malgré une chaleur accablante et une interdiction initiale, près de quatre mille manifestants se sont rassemblés à l’appel du collectif citoyen du « 28 juin ». Familles, soignants et élus se sont unis pour pousser « un dernier cri » face à un texte « qui ne fait pas l’unanimité » avant le vote crucial du 30 juin, suivi d’un vote solennel le 15 juillet au Palais-Bourbon.

« À quelques jours d’un vote crucial, nous sommes venus […] dire notre désolation et notre consternation par rapport à ce projet de loi qui, je crois, ne répond pas aux véritables besoins des personnes malades », déclarait Élisabeth de Courrèges, ergothérapeute et porte-parole du collectif. Marie-Lys Pellissier, de La Marche pour la Vie, soulignait, elle aussi, l’importance de ce message public : « Cette manifestation poursuit aussi un but sociétal, pour les personnes qui sont contre cette loi et qui ont le sentiment de ne pas avoir pu s’exprimer ».

Des élus Identité et libertés de Marion Maréchal, dont les députés Anne Sicard et Eddy Castermann, qui s'en sont tenus au strict minimum au Palais-Bourbon sur le sujet, étaient étalement présents sur place avec la présidente de leur mouvement et l'eurodéputé Laurence Trochu. 

Le vice président du Centre Européen des Travailleurs Joseph Thouvenel saluait de son côté : « Malgré la canicule et les tentatives d’interdiction, un foule très nombreuse pour défendre une fin de vie digne et naturelle face aux porteurs de mort ». 

Les opposants rappellent avec force que les termes « euthanasie » et « suicide assisté » ont été gommés du texte, sans en effacer la réalité. Lecture après lecture, le nombre de députés favorables diminue, signe d’un doute croissant au sein de l’hémicycle.

Cette mobilisation intervient alors que les Pays-Bas ont pratiqué pour la première fois l’euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans, illustration tragique des dérives possibles une fois la ligne rouge franchie.