France

Canicule en France : le bitume fond sous la chaleur, plusieurs routes menacées de fermeture

Sous l’effet d’une canicule persistante, le revêtement de nombreuses routes fond littéralement en France, obligeant les autorités à fermer des axes et à multiplier les mesures d’urgence dans plusieurs départements.

La vague de chaleur qui frappe la France depuis plusieurs jours ne se limite pas aux records de température : elle fragilise sérieusement les infrastructures routières. Le bitume ramollit, remonte à la surface et rend certaines chaussées impraticables, contraignant les collectivités à intervenir en urgence.

Les routes « fondent », les coûts s’envolent

En Meurthe-et-Moselle, la départementale 138 reliant Briey et Moyeuvre-Grande a été fermée jusqu’à nouvel ordre après que le bitume s’est littéralement liquéfié. « On voit bien le revêtement qui se ramollit. Ça fond avec les fortes chaleurs qu’on a pu observer ces derniers temps. Aujourd’hui, on est sur une chaussée avec des températures qui montent à plus de 60 degrés », a expliqué Hervé Nikes, responsable territorial au Conseil départemental.

Six kilomètres de route récemment refaite devront être entièrement repris, pour un surcoût estimé à 300 000 euros. Audrey Bardot, vice-présidente chargée des infrastructures, alerte : « Depuis plusieurs années, on a environ un million d’euros de budget consacrés aux aléas climatiques sur les routes, et cette année, on est déjà à un million et demi d’euros. »

Le phénomène de « ressuage » touche également le Maine-et-Loire, où 240 kilomètres de routes seraient concernés. Le bitume colle aux pneus, crée des dégradations et pose des questions de sécurité. Des cas similaires ont été signalés dans le Calvados, la Sarthe ou encore en Morbihan.

Sur les réseaux sociaux des internautes partagent des images de chaussées blanchies au lait de chaux, une solution préventive utilisée dans les Vosges, le Loiret, l’Allier ou en Côte-d’Or pour refléter le soleil et abaisser la température de surface d’environ 10 degrés.

Face à ces dégradations répétées, les collectivités tentent de s’adapter : épandage de chaux donc mais aussi réfections ciblées et appels à une meilleure résistance des enrobés. Mais avec des nuits qui ne rafraîchissent plus suffisamment, le bitume reste vulnérable, illustrant concrètement les défis posés par une hausse des températures dans un pays qui parle beaucoup de réchauffement mais qui n’a pas pris la peine de s’y préparer.