Alors que les députés doivent se prononcer ce mardi 23 juin 2026 sur le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », les élus locaux de l’île manifestent massivement leur appui.
Soutien massif des maires, mais controverse sur la méthode
263 maires : 176 en Haute-Corse sur 236 et 87 en Corse-du-Sud sur 124, ont signé un courrier adressé aux 577 députés pour soutenir le texte, selon les associations d’édiles. « C’est une bonne base pour avancer », estime Don Marc Albertini, président de l’Association des maires de Haute-Corse, tout en respectant les avis divergents.
Il souligne la volonté des communes de participer à la réforme, notamment via la future loi organique. Le courrier, envoyé en urgence vendredi 19 juin avec une réponse sous 48 heures (silence valant accord initialement), a suscité des critiques.
François-Xavier Ceccoli, député de la Corse et conseiller municipal de San Giuliano a dénoncé « du jamais vu sur notre île ».
L’association a rectifié le 21 juin pour ne retenir que les accords explicites. « Il s’agit simplement de bénéficier, à la veille du vote, d’un appui supplémentaire pour ce projet important pour l’avenir de la Corse », a justifié Don Marc Albertini.
Certains internautes dénoncent une « pression » ou une « démocratie de Simeoni », tandis que des soutiens y voient une légitime expression des élus de terrain.
Le projet prévoit la reconnaissance d’intérêts propres à l’insularité corse et un pouvoir d’adaptation des normes. Il fait l’objet de vifs débats : les opposants, dans une tribune du Monde, craignent un renforcement des clans, un risque d’autocontrôle et une atteinte à l’unité républicaine.
C’est également la critique formulée par l’ancienne députée Insoumise Raquel Garrido qui dénonce « La notion de "lien singulier à la terre" » comme étant « une évolution alarmante ».
Le RN, lui, propose un contre-projet d’autonomie insulaire sans pouvoir législatif plein et avec préférence régionale. À gauche, les positions restent partagées, avec des incertitudes chez LFI et les socialistes qui se voient accusés de contradictions en défendant l’autonomie et le droit du sang en Nouvelle-Calédonie, mais pas en Corse. Le vote à l’Assemblée apparaît incertain dans son ampleur, même si une adoption semble probable, avant un parcours plus difficile au Sénat. Les maires espèrent que, au-delà du débat constitutionnel, ils seront associés aux aspects opérationnels pour « améliorer la vie des Corses ».