Après des mois de négociations, les trois opérateurs ont conclu un accord pour se partager les actifs et les 25 millions d’abonnés de SFR, ramenant le marché français de quatre à trois acteurs majeurs. Cette opération historique, encore soumise à l’approbation de l’Autorité de la concurrence, suscite de vives inquiétudes quant au pouvoir d’achat des consommateurs.
La France bénéficie depuis des années de tarifs télécoms parmi les plus bas d’Europe grâce à une concurrence intense, notamment depuis l’arrivée de Free en 2012. Un forfait mobile avec 20 Go s’affiche autour de 13 euros par mois et une box fibre d’entrée de gamme à un peu plus de 27 euros.
Le journaliste économique Éric Revel estime ainsi sur les ondes de Sud Radio : « Avec le rachat de SFR, les abonnements vont augmenter ! », en raison de la baisse de la concurrence entre opérateurs.
Vers la fin de la « guérilla tarifaire » ?
Marc Bourreau, de Télécom Paris, craint quant à lui une atténuation du rôle des marques low cost (Sosh, B&You, RED) et une moindre agressivité tarifaire. Sur X, les réactions reflètent également ces craintes.
Le média économique Economie Matin évoquait « la fin du Carré Rouge » et s’interrogeait sur la consolidation du marché et « la fin des prix bas ».
Du côté des abonnés SFR, certains expriment déjà leur inquiétude face à une possible « maîtrise des prix vers le haut ».
Les opérateurs se veulent rassurants. Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, a insisté sur France Inter : « Ce n’est pas le consommateur qui va être perdant. » Ils mettent en avant la nécessité d’investir davantage dans les réseaux, l’IA et la cybersécurité. Les experts comme Jean-Luc Lemmens (Idate) prévoient cependant la raréfaction des promotions agressives de rentrée ou de fin d’année.
Le gouvernement et l’Arcep assurent rester vigilants. Le ministère de l’Économie a déjà indiqué qu’il suivrait de près l’impact sur les tarifs. Pour les 25 millions d’abonnés SFR, aucun changement immédiat n’est prévu avant la finalisation de l’opération, espérée pour fin 2027, avec conservation des numéros et continuité de service. Mais la perspective d’un marché moins concurrentiel pourrait progressivement faire remonter les factures dans un contexte globalement compliqué pour les télécoms en Europe.